Le biologiste et philosophe français Henri Laborit avait en son temps émis l’hypothèse selon laquelle face à l’oppression, l’être humain n’avait que trois possibilités fondamentales : la soumission, la lutte ou la fuite. Dans la grille d’analyse sociobiologique qu’il a élaborée, le suicide constitue la forme de fuite la plus extrême. Face à la crise programmée qui s’apprête à s’abattre sur l’Europe, puissent les victimes de l’injustice ne jamais oublier que le meilleur antidote à la souffrance engendrée par un système quel qu’il soit est justement de combattre celui-ci.
Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Le scrutin qui inquiétait les marchés européens ce dimanche 6 mai n'était pas celui opposant en France le partisan de l' « austérité de droite » contre celui de la « rigueur de gauche ». Il s'agissait bien des élections législatives en Grèce, dans un climat de colère sociale et de rejet du consensus dominant PASOK-droite.
Les résultats définitifs confirment d'une part l'ampleur de ce mécontentement populaire mais d'autre part révèlent à quel point le grand capital grec et surtout européen est en mesure de trouver des roues de secours viables lorsque ses serviteurs habituels se retrouvent à bout de souffre, discrédités par la politique d'austérité qu'ils font subir au peuple grec.
La première leçon de ce scrutin, c'est la déroute historique des deux partis du consensus libéral-européiste dominant.
Une déroute historique pour le consensus dominant PASOK-Nouvelle démocratie
Le parti de droite classique, Nouvelle Démocratique, a sauvé les meubles grâce à sa puissante organisation clientéliste et ses positions conservatrices traditionnelles.
Avec 18,9% des voix et 108 sièges, elle sera sans doute le pivot de la future coalition gouvernementale, mais perd 13,6 points (33,48% en 2009) par rapport au dernier scrutin.
Son alter ego à gauche, le PASOK socialiste s'effondre pour atteindre un minimum historique, avec 13,2% des voix et 41 sièges mais il reste le partenaire le plus crédible pour une nouvelle « grande coalition » gauche-droite.
La politique de casse sociale menée d'abord par Georgios Papandreou depuis 2009 puis par son successeur Lukas Papademos, avec le soutien du PASOK a logiquement conduit à la désaffection d'une grande partie de sa base électorale. Le PASOK avait réalisé 43,92% des voix en 2009.
L'effondrement des deux partis dominants a laissé un large espace à des forces, à gauche comme à droite, participant largement d'une recomposition maîtrisée par ces mêmes forces dominantes.Tout comme le capital européen envisage une « faillite contrôlée » de l'économie grecque, il a tenté d'opérer une « faillite contrôlée » du système politique grec.
Les communistes progressent une nouvelle fois, avec 8,5% des voix et 26 sièges, bravant l'anti-communisme ambiant
Le point positif du scrutin, c'est la nouvelle progression électorale des communistes du KKE, reflet de leur ancrage de masse et de leur participation décisive aux luttes depuis 2009.
Avec 8,5% des voix et 26 sièges, les communistes gagnent du terrain par rapport au déjà bon score de 2009 (7,5% des voix et 21 sièges). Ils réalisent pour un scrutin national leur meilleur score depuis la chute du mur de Berlin, plus exactement depuis 1985, lorsqu'ils avaient obtenu 9,1% des voix (mais seulement 12 députés).
Une progression d'autant plus méritoire qu'elle se produit dans un climat de rare hostilitéoù ont alterné menaces et insultes anti-communistes frontales et manœuvres plus subtiles au nom du vote utile pour SYRIZA et Gauche démocratique, des méthodes vicieuses qui ont eu sans doute leur impact.
Les positions courageuses du KKE vis-à-vis des illusions d'un gouvernement de gauche alternatif dans le cadre du système alternatif ont été reconnues par une large partie de la classe ouvrière grecque. Mais leur intransigeance a pu orienter une partie des classes moyennes paupérisées, déçues du PASOK, vers une gauche qui se présente comme radicale mais de gouvernement.
La percée de la « gauche radicale » ou la « faillite contrôlée » de l'aile-gauche du système politique traditionnel grec
L'écroulement du PASOK était la seule donnée certaine, connue avant le déroulement même de ces élections. Le grand capital grec avait anticipé sa décomposition et préparé la recomposition de la 'gauche' grecque, à partir de l'aile-gauche de la social-démocratie Grecque, la coalition dite SYRIZA.
La coalition SYRIZA est un amalgame hétérogène composé de maoistes, de trotskistes, d'ex-communistes rénovateurs, de transfuges de la social-démocratie, de nationalistes de gauche ou encore d'écologistes, minés par des querelles internes interminables qui l'ont mené plus d'une fois au bord de l'implosion. Une coalition unie sur le plus petit dénominateur commun, celui d'une vague gauche unie sans programme ni idéologie claire.
Une histoire faite de nouvelles coalitions et de nouvelles scissions incessante. La dernière en date, celle du groupe Gauche démocratique (DIMAR) trouvant SYRIZA trop intransigeante, et plutôt favorable à un gouvernement d'union avec le PASOK, pour le tirer à gauche dans sa politique d'austérité.
Gauche démocratique a finalement obtenu 6,1% des voix et 19 sièges tandis que SYRIZA a décroché la deuxième place avec 16,8% et 52 sièges.
Les pertes du PASOK ont donc été très largement redistribués vers des partis qui soit soutiennent ouvertement le PASOK, comme Gauche démocratique, soit soutiennent une ligne dont l'opposition formelle à la ligne actuelle du PASOK n'en est pas moins concordante avec les positions social-démocrates traditionnelles.
En effet, outre la complaisance sans précédent dont a bénéficié SYRIZA durant la campagne, en premier lieu pour son jeune chef sémillant, le télégénique Alexis Tsirpas, la « Coalition de la gauche radicale » a fait campagne pour une véritable « coalition gouvernementale de gauche » capable de mener une autre politique en Europe.
Une alliance proposée à DIMAR, au KKE et même au PASOK, si « il bouge vers la gauche ». Le KKE a refusé cette main tendue, et ce que l'autre dissimule. Car SYRIZA ne propose aucune rupture avec le système capitaliste, qu'elle souhaite aménager, avec l'Union européenne, qu'elle souhaite réformer ou avec le système politique grec corrompu, sachant qu'elle est alliée au PASOK dans bon nombre de municipalités et départements du pays.
Les deux nouveaux piliers de l'aile-gauche système politique grec s'appellent donc Gauche démocratique, comme force d'appoint parlementaire du PASOK et de la « grande coalition », et SYRIZA comme opposition officielle, chargée de canaliser la colère populaire vers des solutions compatibles avec le système dominant.
Recomposition préoccupante à droite, entre montée d'un nationalisme populiste et fascisation de la vie politique grecque
Le résultat le plus inquiétant de ce scrutin ne provient sans doute pas de la gauche de la vie politique grecque. Certes, l'effondrement des partis de droite paraît moins net que celui du PASOK, mais il est néanmoins indiscutable.
Outre Nouvelle démocratie, le parti d'extrême-droite traditionnaliste LAOS recule et paye sa collaboration au gouvernement de l'austérité. Il passe de 5,63% des voix et 15 sièges à 2,9% et sans aucune représentation parlementaire.
La recomposition de la droite grecque profite partiellement à une nouvelle formation de droite, dissidente de la Nouvelle démocratie, les Grecs indépendants, qui obtiennent 10,6% des voix et 33 sièges, sur fond d'un discours souverainiste et populiste, dont il est encore difficile de savoir les implications politiques au vu du caractère nouveau de ce parti.
Le plus préoccupant reste la percée historique d'un groupuscule d'extrême-droite, issu de la mouvance néo-nazie, l'Aube dorée qui récolte 7% des voix et 21 sièges.
Utilisant un symbole proche de la croix gammée, exaltant la violence et le droit du sang, prônant un nationalisme ethnique et expansionniste, anti-communiste et contre-révolutionnaire, tout en adoptant un discours superficiellement radical sur les questions sociales, en indiquant un bouc-émissaire : l'étranger, l'Aube dorée rassemble tous les critères d'une formation de droite néo-fasciste.
Les origines national-socialistes de cet ancien groupuscule d'extrême-droite transparaissent dans son réseau international qui rassemble notamment le Parti national-démocrate (NDP) allemand, héritier du parti nazi, ou encore la Forza nuova italienne, qui se revendique comme une fidèle héritière du parti national fasciste italien.
« Faillite contrôlée » des deux piliers du système politique grec, émergence de nouvelles gauches et de nouvelles droites de gouvernement (Grecs indépendants, Gauche démocratique), mise en avant d'une opposition officielle canalisant vers les solutions institutionnelles avec SYRIZA, fabrication de toutes pièces d'un parti néo-fasciste comme recours ultime du capital, le paysage politique grec, décomposé est aussitôt recomposé par le grand capital grec et européen.
Mais dans cette sombre apparence d'un contrôle total de la classe dominante européenne sur les événements politiques grecs, une épine dans le pied du capital persiste. Une force résiste et progresse, le Parti communiste grec (KKE).
Dans l'hostilité la plus totale, malgré les menaces, intimidations ou manœuvres politiciennes subtiles, les communistes grecs continuent à être perçus consciemment par des centaines de milliers grecs comme la seule alternative viable au pouvoir mortifère du capital grec et de l'Union européenne sur leurs vies.
LE 8 MAI A HENIN-BEAUMONT
AUX INITIATIVES ORGANISÉES PAR LE MOUVEMENT POLITIQUE D’ÉDUCATION POPULAIRE (M’PEP) ET LE PÔLE DE RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE (PRCF)
CANDIDATS AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DANS LA 11e CIRCONSCRIPTION DU PAS-DE-CALAIS
- A 10 h : Rassemblement 68 , rue Montpencher, devant la plaque de Joseph Fontaine, militant communiste assassiné par des militants d’extrême droite le 11 avril 1934 à Henin-Beaumont.
Lecture d’un appel de résistants contre le fascisme et en soutien à la candidature aux élections législatives de Michèle Dessenne, du M’PEP, et de Jean-François Maison, du PRCF.
- A 11 h : Conférence de presse de lancement de campagne des législatives, au Café La Belle Anglaise, 171 place Wagon.
- A 12 h : Apéritif
Un dossier de presse de présentation des candidats et de leur programme sera remis aux journalistes, ainsi que l’appel des Résistants.
Les 5 idées fortes portées par la candidate et son suppléant :
- La démondialisation
- La sortie de l’euro et de l’Union européenne
- La réindustrialisation
- Le droit opposable à l’emploi pour tous
- La transition écologique de la production et de la consommation
Reconquérir la souveraineté nationale pour construire une République sociale.
Ce sont les objectifs d’une gauche courageuse qui ne veut pas laisser l’extrême droite prospérer sur la misère, et veut contribuer à remettre le peuple au coeur de la politique et de la société.
2012 : "LA FRANCE SERA ATTAQUÉE ... quoiqu'il arrive !

Nous sommes à l’heure de la fin d’un cycle comme vous le savez et il va nous falloir entrer dans une nouvelle ère que nos dirigeants appellent le nouvel ordre mondial. Le nouvel ordre mondial qu’est-ce que c’est? C’est une intégration de plus en plus poussée des nations pour les fondre dans des ensembles supra-nationaux pour finir par le gouvernement mondial. Cette méga-structure sera complètement déconnectée du pouvoir des peuples bien entendu qui n’auront plus leur mot à dire dans la construction de leur destin. Celui-ci sera totalement sous le contrôle de la volonté de ceux qui financeront, et donc contrôleront, ces méga-structures en construction dont l’état fédéral européen en est l’exemple le plus frappant.
Hollande ne s'y est pas trompé en allant rassurer la city of london tout en disant le contraire dans ses meetings électoralistes en France.
Gardons présent à l’esprit qu’aux alentours de 2015 l’union européenne a vocation à s’intégrer de force, sans consultation des peuples, dans le grand marché transatlantique avec les USA. Ce qui aura pour conséquence directe de nous mettre sous la domination très claire de leur puissance économique et financière. Ainsi nous aurons l’alliance de Wall street et de la City qui auront libre accès dans ce grand marché pour faire ce que bon leur semble sans aucun contrepouvoir démocratique véritable. Ce ne sera pas l’agitation d’un Sarkozy, ou d’un Hollande, pour faire croire qu’ils défendront le peuple français, qui résoudra le problème fondamental du pouvoir démocratique de contrôle sur les décisions qui vont engager toute notre société.
L’avenir, si cela s’accomplit, sera celui que sont en train de vivre les grecs aujourd’hui où les plus faibles, ceux qui sont entièrement dépendants des autres pour leur travail et donc pour la création de leur richesse (c’est-à-dire 90% d’une population environ si l’on compte les ouvriers, les employés et même les fonctionnaires qui ne seront plus à l’abri), sont obligés de mendier pour survivre.
Lire: En Grèce la faim s’établit
Le chaos généralisé en Grèce soumis à la voracité financière.
Ne croyez pas que ce qui arrive au peuple grec n’arrivera pas en France. Nous sommes en train de dépenser des milliards d’euros pour tenter d’aider la Grèce à faire face à sa dette sans que cela n’ait aucun effet concret pour les peuples. Cela permet juste aux banques de rentrer dans leurs frais. Ce système ne tient que parce quela BCE a injecté des milliards d'euro pour le sauvegarder surtout avant les élections françaises qui constitueront un tournant pour les marchés financiers alors que l’Espagne sombre elle aussi dans la tourmente.
Mais on arrive au point de rupture des banques centrales elles-mêmes qui ne peuvent plus engager de l’argent sur les marchés financiers parce qu’elles n’ont plus assez de garantie venant des états !
Il faut comprendre que si la BCE a pu prêter autant d’argent aux banques privées c’est parce que les gouvernements européens ont voté le MES qui est un mécanisme assurant la garantie financière aux banques sur la richesse des nations. Or l’Allemagne, principale créditrice, ne veut pas relever le plafond éternellement il y aura donc un point de rupture facile à comprendre où la concordance entre la garantie apportée par le MES à hauteur de 700 milliards d’euros à la BCE ne peut être dépassée sous peine de rupture du contrat. Or les marchés financiers ne fonctionnent que grâce à ces financements de la BCE! Mais voilà Mario Draghi a déjà tout dilapidé et n’a plus rien en caisse alors qu’il faut toujours remettre au pot pour la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et bientôt la France! Très bientôt.
Nous sommes donc dans la situation où même les banques vont
Voici ce que nous promet cette Europe...
perdre leur triple AAA parce qu’elles n’auront plus les liquidités pour garantir le remboursement de leurs crédits! Autrement dit les taux d’intérêts vont inévitablement augmenter et les conditions de prêts aux états vont se durcir. Et le risque est donc de voir la dette ne plus pouvoir être payée sauf!…sauf si les politiques se soumettent aux diktats des marchés financiers en matière de politique publique. C’est déjà ce qui a été acté avec la signature du MES par la France, grâce à l’action conjuguée de l’UMPS européiste, mais il faudra aller plus loin dans la rigueur il ne peut en être autrement!
C’est ce que nous dit d’ailleurs la voix des marchés financiers en Europe qu’est le journal The Economist :
Toute la richesse produite est sous contrôle des marchés financiers.
Les marchés financiers préconisent donc franchement une attaque spéculative contre la Francepour la mettre à genoux et l’obliger à accepter les conditions imposées par les marchés financiers! Voilà ce qui nous attend. Etla France est bien évidemment la pierre angulaire du projet d'effondrement total de l'économie européenne pour la mettre sous la coupe des marchés financiers qui ne tirent plus leurs richesses en Europe que de l’Allemagne encore assez puissante pour opposer une garantie crédible. L’effondrement économique de la France sera une aubaine pour exiger la soumission totale. C’est ce qu’a fait Hollande en ce début d’année en rencontrant les marchés financiers à la city of london: Lire ICI
C’est ce que fait Sarkozy au côté de Merkel pour contraindre par la loi européenne, au-dessus donc de la souveraineté des peuples, l’interdiction de faire une autre politique que celle exigée par les marchés.
La crise est donc inévitable pour notre pays! Et Sarkozy l’a tellement bien compris qu’il surfe lui aussi sur les inquiétudes légitimes du peuple en leur parlant de France forte dans une Europe forte, de souveraineté, de frontières…dans sa lettre aux français . Tout comme Mélenchon, qui va finir par faire chanter la marseillaise à ses meetings si il continue, en prônant sa révolution citoyenne contre les banksters mais tout en voulant changer d’Europe. Il veut vous faire croire encore qu'il est possible de changer d'europe alors que la soumission finale est à l’ordre du jour!
L'état providence ne peut se concevoir que dans un cadre national !
Notre seule chance de survie dans le chaos qui se prépare est donc de nous fermer aux injonctions venant de l’Europe et de retrouver notre souveraineté économique et financière. Il faut donc, et vite, sortir de l’euro puis de l’UE. Nous ne changerons pas la direction d’un paquebot qui cherche à s’écraser sur les rochers. C’est trop tard. Les politiques officiels du système ont beau jeu de vous dire que “la finance est leur seule ennemie” alors qu’ils savent très bien qu’ils sont entièrement soumis à leur bon vouloir. Si la finance veut nous mettre à genoux elle le pourra très simplement en augmentant ses taux d’intérêts que feront alors tous ces politiques? Ils feront ce que leur disent les marchés financiers comme ils le font depuis au moins 30 ans!
Lire en complément:
- Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée ! (Economie Internationale)
SOURCE :http://www.politique-actu.com/osons/2012-france-sera-attaquee/392302/
Massacres de marché
Le dernier a été un petit entrepreneur de 45 ans de Altivoli, province de Treviso : il s’est pendu il y a deux jours dans un cabanon contigu à son habitation. Le premier, de l’année 2012, était un retraité de Bari : le 2 janvier, il s’était jeté de son balcon après avoir reçu une mise en demeure de l’Inps [1] de restituer une somme conséquente. Entre eux : l’ouvrier de 27 ans de Vérone, immolé par le feu. L’encadreur romain de 57 ans, pendu, lui aussi. L’électricien de 47 ans de San Remo, d’un coup de revolver… Litanie à laquelle nous ajouterions la disponibilité à la boucherie sociale du gouvernement qui, hier, a d’abord supprimé l’exemption des tickets [2] pour les chômeurs et ensuite, de nombreuses heures plus tard, les a remis en listes « techniquement ». C’est le coût humain payé quotidiennement à la crise économique. On a appelé ça « Massacres d’État ». Et c’est juste, parce que les politiques économiques, les règlements, les défaillances des pouvoirs publics ne sont pas innocents. Mais il faudrait ajouter, immédiatement après : « massacres de marché ».
Si nous lisons attentivement les qualifications professionnelles dans cette liste de nécrologies qui s’allonge de jour en jour un peu plus, nous verrons que ce sont des ouvriers, des chômeurs, de petits entrepreneurs, des retraités : toutes les figures bariolées de ce marché du travail dont la structure est en train d’être redessinée par le gouvernement. Et desquelles, ces morts tragiques, on nous dit combien elles sont inséparables de la vie des personnes. Combien dangereux (et criminel) est l’acte, mental et pratique, de réduire le travail à la pure dimension de marchandise : de ce qui s’échange selon les lois objectives de l’offre et de la demande.
Quand Luciano Gallino [3] n’a de cesse de nous prévenir que « le travail humain n’est pas une marchandise », il ne se borne pas à une affirmation, sacro-sainte et nécessaire, de caractère culturel et théorique, à discuter aimablement dans les séminaires universitaires (n’importe où sauf à la Bocconi ! [4]). Il dit aussi quelle opération extrême (et féroce) se produit sur les corps des gens, quand on prétend casser cette unité bioéconomique. De réduire la vie au travail à un facteur économique pur, soumis aux « lois d’acier » du marché, sans plus de diaphragmes, de parapluies protecteurs, de barrières se dressant contre l’omniprésent et envahissant processus de marchandisation de l’existence.
Le comique de gouvernement les ignorait, ces morts, il préférait enfouir la tête du pays dans les sables mouvants de ses excès, mais en 2010 le « massacre de marché » se monta à 362 suicides rien que chez les chômeurs, 192 chez les travailleurs indépendants, 144 chez les petits entrepreneurs (les grands s’enfuient à l’étranger, ils ne se sacrifient pas).
Presque deux morts par jour. Le professeur Monti en enregistre la réalité, même si c’est par un euphémisme qui n’en réduit pas la teneur dramatique : « des vies qui se ferment dans le désespoir ». Il parle d’un « prix très élevé », et rappelle qu’en Grèce cependant le bilan dépasse déjà les 1.725 cas. Ce qui, au demeurant, est vrai, comme il est vrai qu’en cas de défaut le massacre augmenterait largement ici aussi, et deviendrait littéralement une boucherie d’État.
Ce que ne dit pas toutefois le chef du gouvernement des techniciens, c’est que ce suintement de morts italiennes, et cette cascade de suicides grecs, sont le produit, tous deux, de la même culture économique et sociale, que lui-même partage. Qu’ils sont le fruit d’une vision du monde et d’une théorie économique qui ont « failli » et qui se sont pourtant constituées en dogme quasiment absolu et même, depuis cette semaine, en principe constitutionnel avec l’insertion dans la Charte de l’obligation d’équilibre du budget. En nouveau Nomos de la Terre [5].
C’est au nom de cette inédite souveraineté impersonnelle et cruelle -dépourvue d’avenir et pourtant exigeante dans le présent- que les « commissaires » des pays périphériques sont obligés de parcourir le monde en exhibant le scalp de leurs « mondes du travail » respectifs, de leurs antiques titulaires des droits, dans le vague espoir d’attirer le regard bienveillant de quelque segment de marché, dans une course sans fin vers le bas. Sur la base de ces dogmes, nous n’en sortirons pas. Il n’y a pas de bout du tunnel. Ni -c’est de plus en plus évident- de point de reprise. Si nous voulons mettre un frein aux « massacres de marché » nous devons limiter le pouvoir des marchés de s’emparer de la vie. Nous devrons travailler pour imposer un tournant culturel, social et, enfin, politique radical, pas seulement ici, dans notre fragile périphérie, mais au cœur même d’Europe, où l’idole est plus forte.
Tâche improbable, marche très longue. Mieux vaut se mettre en chemin.
[1] Istituto Nazionale Previdenza Sociale : Institut national de prévoyance sociale, caisse de prévoyance, retraites, invalidité etc.
[2] Ticket sanitaire (en France ticket modérateur), la part du coût d’une prestation médicale restant à la charge du citoyen ; dans le projet de loi présenté au Sénat a été effacée l’exemption pour les chômeurs du ticket sanitaire. Le gouvernement a ensuite dit qu’il s’agissait d’une erreur dans le texte et a fait marche arrière en assurant que les chômeurs ne paieront pas le ticket.
[3] Sociologue et écrivain, un des fondateurs de la sociologie en Italie, spécialiste des processus économiques et du travail.
[4] Université privée (et coûteuse) de sciences économiques et politiques, à Milan.
[5] « Nomos de la terre », Carl Schmitt (1950), voir http://www.actu-philosophia.com/spi...
Une conférence-débat commune du M’PEP et du PRCF

« le 13 avril courant, une conférence-débat commune du M’PEP et du PRCF s’est tenue à Lille. La réunion était présidée par Vincent Flament, secrétaire du PRCF 59, et par Charles Lictevout , M’PEP nord.

Michèle Dessenne (M’PEP) et Jean-François Maison (PRCF) ont pu expliquer pourquoi, la question de la rupture de la France avec l’UE et l’euro étant stratégique pour tous les vrais progressistes, il est non seulement légitime, mais DE SALUT PUBLIC, de proposer une candidature clairement anti-Maastricht ET antifasciste à Hénin-Beaumont.

Une occasion aussi de répondre à tous ceux qui, de manière totalement antidémocratique, ont tout fait pour empêcher le PRCF d’avoir une expression INDÉPENDANTE sur cette circonscription. Peine perdue : ceux qui feront taire les militants franchement communistes fiers de leurs deux drapeaux, rouge et tricolore, ne sont pas encore nés !




Chose promise , choses duent , nous continuons l'analyse du programme du front de gauche et son incompatibilité avec l'UE , La BCE, FMI , doit on rester sous la tutelle de la Troïka ......
Les propositions du Front de gauche concernant la BCE et la politique monétaire n’ont strictement aucune chance de voir le jour dans un délai raisonnable
En ce domaine, certaines propositions sont claires sur les objectifs poursuivis, même si les modalités d’application font défaut :
- « Possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics. »
- « Obligation de détention des titres de la dette publique par les institutions financières. »
- « Nous agirons pour changer les traités pour mettre fin à l’indépendance de la BCE. »
- « La France proposera une refonte des missions et des statuts de la BCE qui doit être mise sous contrôle démocratique pour lui permettre de pouvoir prêter à taux faibles, voire nuls, directement aux États, acheter des titres de la dette publique. »
Les points communs à ces propositions sont la possibilité de création monétaire par la BCE et les banques centrales des pays membres de l’Union européenne ; le financement des services publics par les banques centrales nationales ; l’obligation faite aux banques de détenir des titres publics (proposition faite par le M’PEP) ; l’abandon de l’indépendance de la BCE qui est une excellente proposition, cependant muette sur le nouveau système de direction de la BCE ; l’achat d’obligations d’État ; des prêts aux États à taux faibles ou nuls.
Toutes ces mesures sont incompatibles avec les traités européens. Elles ne sont envisageables qu’après une révision de ces traités. Pour y parvenir, une véritable révolution intellectuelle est nécessaire au sein de la gauche européenne, révolution à laquelle rares sont les forces degauche européennes à être prêtes. Les propositions du Front de gauche, même si ce dernier devenait majoritaire en France, n’ont donc strictement aucune chance de voire le jour avant des décennies. Seules des mesures unilatérales sont envisageables à court terme, directement ou après une proposition faite aux 26 autres pays membres. Mais, dans cette dernière hypothèse, en tout cas en 2011, on connaît déjà la réponse qui sera négative. Alors pourquoi tourner autour du pot ?
La création d’un fonds européen est une bonne idée qui nécessite cependant l’accord des 26 autres pays pour modifier les traités ; cette idée ne verra pas le jour
Le Front de gauche propose dans son projet de programme « la création d’un fonds européen de développement social, écologique et solidaire pour l’expansion des services publics, de l’emploi et des qualifications. » Il serait financé directement « par création monétaire ». Cela « permettrait de répartir des masses volumineuses de financements, à taux d’intérêts nuls ou très bas, entre les pays membres de l’euro » pour financer « des projets publics démocratiquement sélectionnés sur la base de critères précis de création et de sécurisation des emplois, de développement de la formation. »
Un tel fonds n’est pas conforme au droit communautaire et nécessite une révision des traités. Il n’a aucune chance de voire le jour à court terme.
Les mouvements de capitaux ne pourront pas être contrôlés à l’échelle de l’Union européenne
Le Front de gauche propose que « les mouvements internationaux de capitaux à des fins spéculatives de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés […] aux frontières de l’Union européenne. » Ce serait, en effet, un énorme pas en avant.
Hélas, cette mesure ne verra pas le jour avant longtemps pour les raisons qui ont été exposées plus haut. Elle contrevient en effet à l’article 63 du traité de Lisbonne qui stipule que « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. »
Le Front de gauche devrait donc préciser dans son programme que si les 26 autres pays refusaient, la France prendrait des mesures unilatérales de contrôle des mouvements de capitaux.
Les pactes et les traités ne seront ni abrogés ni révisés selon les vœux du Front de gauche, pas plus qu’un nouveau traité ne verra le jour
Le Front de gauche, pour de très bonnes raisons, veut abroger ou réviser les pactes et traités européens en vigueur, et promouvoir un nouveau traité. Il formule cette revendication sous des formes diverses :
- « Abrogation du Pacte de stabilité. »
- « Abrogation du Pacte euro plus. »
- Les pactes européens de stabilité et pour l’euro plus « seront mis en cause pour ouvrir la voie à un nouveau pacte européen de progrès social et de co-développement. »
- « Bataille politique et diplomatique pour un nouveau traité européen. » Une remarque s’impose à cet égard : pourquoi enfermer le raisonnement au cadre étriqué des 27 pays membres actuels, et ne pas réfléchir à des accords concernant les 49 pays du continent européen ?
- « Nous nous engagerons dans la mise en chantier d’un nouveau traité qui sera adopté en France par référendum. Nous agirons pour l’adoption d’une clause de non régression sociale et environnementale. » Cette dernière phrase paraît inopportune : quelle ambition manifesterait ainsi le Front de gauche en souhaitant un nouveau traité simplement pour éviter que la roue de l’Histoire ne tourne à l’envers ! Par ailleurs, les traités censés évoquer tous les problèmes sont-ils vraiment la solution ? Ne vaut-il pas mieux s’engager dans des alliances à géométrie variable, débordant largement le cadre étriqué des Vingt-Sept ?
Trois textes européens: Pour mettre à bas les souverainetés nationales
Pour information et discussion, nous portons ces judicieuses analyses d’André Gerin et de Jacques Desmoulin à la connaissance des visiteurs de notre site.
Trois textes européens Pour mettre à bas les souverainetés nationales
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I – Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne.
Il a été adopté lors d’un sommet informel le 30 janvier 2012 par 25 chefs d’Etat sur 27 (l’Angleterre et la République Tchèque n’ont pas signé).
Il est présenté comme une réponse juridique et politique à la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro.
En réalité, il s’agit d’un texte négocié en quelques semaines sous la pression de l’Allemagne et des marchés financiers afin de renforcer encore le carcan de la discipline budgétaire sur les pays de la zone euro.
Il complète, de ce point de vue, en les durcissant, les nouvelles dispositions de surveillance et les sanctions prévues par le pacte de stabilité récemment réformé, à partir du principe de la « règle d’or » s’imposant à tous.
Voici le détail :
* Il pose le principe de l’équilibre ou de l’excédent des budgets des administrations publiques (article 3)
* Le déficit structurel annuel autorisé est ramené de 1 % à 0,5 % du PIB.
* En cas de dérapages, des mécanismes de correction seront automatiquement déclenchés, lesquels seront définis selon les « principes communs proposés par la Commission européenne » et qui concerneront « la nature, la taille, les délais de ces mécanismes et les institutions nationales en charge de leur application ».
* Lorsque les déficits dépasseront 3 % du PIB et/ou la dette publique 60 % du PIB (critères de Maastricht), les sanctions deviendront quasi automatiques.
* Les projets de budgets nationaux seront validés au niveau européen au printemps de chaque année avant qu’ils ne soient présentés devant les Parlements nationaux.
* Des inspecteurs de la Commission pourront être dépêchés dans les pays récalcitrants, comme c’est déjà le cas en Grèce, au Portugal et en Irlande.
* Un contrôle juridictionnel supranational est prévu pour vérifier le respect des engagements des Etats.
* La Cour de justice européenne pourra être saisie par un Etat membre, si celui-ci estime que l’un de ses partenaires n’a pas correctement transposé la « règle d’or » dans sa Constitution. La Cour pourra lors sanctionner financièrement le contrevenant.
* Les Etats s’engagent à faire connaître à l’avance leurs émissions obligataires « dans le but d’une meilleure coordination » et « toute réforme économique majeure » et, « si nécessaire, à se coordonner ». A ces fins, les Etats de la zone euro se réuniront « au moins deux fois par an ».
En résumé, il s’agit ni plus, ni moins que de la mise sous tutelle des Etats.
Le traité a été formellement adopté le 2 mars dernier, le Royaume-Uni et la République Tchèque ne l’ayant pas voté et avec les réserves de l’Irlande, qui propose de le soumettre à référendum.
Doit suivre la période des ratifications par chaque Etat signataire. Le traité, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2013, doit pour cela être ratifié par 12 Etats signataires membres de la zone euro.
Tous les éléments du traité doivent être introduits dans les législations nationales sous forme de dispositions contraignantes et permanentes. Ce peut être sous forme de loi mais aussi et surtout de réformes constitutionnelles, dès lors que les dispositions du traité contreviennent aux Constitutions en place.
Pour la France, Sarkozy souhaitait introduire dans la Constitution le principe de la « règle d’or ». Cela supposait que l’Assemblée nationale et le Sénat votent préalablement le même texte et qu’au Congrès la réforme recueille 3/5ème des suffrages. Le basculement à gauche du Sénat a rendu impossible cette perspective.
La question s’en trouve différée après les présidentielles et les législatives. Que fera le PS en cas de victoire ? François Hollande affirme vouloir renégocier le traité. Sur quoi et quid de la « règle d’or » imposant l’austérité comme horizon indépassable de toute politique publique ?
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II – La révision de l’article 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)
Cette révision était indispensable pour la mise en œuvre du mécanisme européen de stabilité (MES).
L’article 125 du traité de Lisbonne interdit à l’Europe de renflouer un Etat en difficulté. C’est la clause du « no bail out » ou « non renflouement », selon laquelle l’Union européenne « ne répond pas des engagements […] des autorités publiques […] d’un Etat membre, ni ne les prend à sa charge.
Il existait certes déjà le fonds européen de stabilité financière (FESF) et le mécanisme européen de stabilité financière (RESF), mais ceux-ci étaient destinés à n’être que temporaires jusqu’à fin 2013, car ces deux mécanismes n’avaient aucun fondement juridique dans les traités de l’UE. Le problème est tout autre avec la création du MES puisqu’il a vocation à être permanent.
Pour résoudre ce problème, un amendement au traité de Lisbonne semblait inévitable avec toutes les incertitudes qu’impliquait sa nécessaire ratification par les Etats avec d’ores et déjà le refus du Royaume-Uni et le souvenir du « Non » français en 2005 au traité constitutionnel dont le traité de Lisbonne est la copie.
Il fut donc décidé de recourir à la procédure de révision simplifiée (article 48 du TFUE). Cela impliquait que ne soient pas accrues les compétences de l’UE à travers, en l’espèce, la création d’une nouvelle institution en son sein.
Ainsi le MES sera-t-il établi en dehors du cadre juridique et institutionnel de l’UE, à partir d’un accord non communautaire mais intergouvernemental, le MES prenant la forme d’une organisation internationale dont le siège sera installé au Luxembourg.
Beau tour de passe-passe institutionnel et juridique dont la légalité reste à démontrer.
L’article 136 est ainsi rédigé :
« Les Etats membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité, qui pourra être activé, si indispensable, pour préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi de toute assistance financière requise en vertu du mécanisme sera soumis à une conditionnalité stricte. »
Un accord a été conclu en ces termes lors du sommet européen du 11 mars 2011. Le parlement européen a approuvé l’amendement le 23 mars 2011.
Restaient la ratification de chacun des Etats membres et, pour la France, une loi d’autorisation nécessaire avant toute ratification présidentielle (accord international).
Le Parlement a adopté aux termes d’une CMP le 6 mars.
Les votes à l’Assemblée:
Pour 256 (UMP : 243, NC : 13)
Contre 44 (PCF : 18, PS : 19, NI : 3)
Abstentions 131 (PS : 128, UMP : 2)
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III – Le traité établissant le mécanisme européen de stabilité (MES)
Le MES se présente comme un dispositif de gestion des crises de la zone euro, qui doit remplacer le fonds européen de stabilité financière et le mécanisme européen de stabilité financière en juillet 2012. Il est doté d’un montant de 500 milliards d’euros.
Il sera donc une organisation de coopération intergouvernementale autonome de l’UE, qui viendra en aide aux Etats de la zone euro en difficulté.
Il sera dirigé par :
* Un conseil des gouverneurs (le ministre en charge des finances de chaque Etat membre) présidé soit par le président de l’Euro-groupe, soit par un président issu de ses membres. Les décisions seront prises avec un quorum des deux tiers des membres disposant de droits de vote représentant au moins deux tiers des voix. Les voix dont disposent les Etats sont proportionnelles à leur participation au capital du MES (Allemagne : 27 %, France : 20 %)
* Un conseil d’administration nommé par les gouverneurs avec vote à la majorité qualifiée
* Un directeur général nommé pour cinq ans.
Le MES coopérera étroitement avec le FMI, afin de définir conjointement les programmes d’ajustement et coordonner les modalités d’assistance financière, dont la tarification et les échéances des prêts. En clair, c’est la purge à la grecque assurée pour quiconque aura recours au MES.
Un accord de principe avait été trouvé par les ministres des finances de la zone euro, le 11 juillet 2011. Les chefs d’Etats ont approuvé le traité instituant le MES lors du Conseil européen du 30 janvier 2012. Le traité a été formellement signé le 2 février 2012. Il doit être ratifié par les 17 membres de l’UE signataires.
Il a été adopté par le Parlement français après un vote conforme Assemblée-Sénat.
Le vote à l’Assemblée le 21 février:
Pour : 261 (250 UMP, 11 NC)
Contre : 40 ( 18 PCF, 16 PS, 6 NI)
Abstention : 133 (130 PS, 2 UMP, 1 NI)
Le vote au Sénat, le 28 février :
Pour : 169
Contre : 35 (dont 3 PS)
Abstention : 138
Cette abstention des parlementaires PS aura permis de faire adopter le MES et d’empêcher une nouvelle lecture.
Tant sur l’article 136 de TFUE que sur le MES, l’argument du PS aura consisté à dire qu’ils n’y sont pas opposés mais que leur abstention s’explique par la proximité de ces deux textes avec celui du traité sur la stabilité que François Hollande dit vouloir renégocier.
Une logique évidente traverse l’ensemble des trois textes : la disparition des souverainetés nationales (jamais atteinte à ce niveau par les traités précédents et sans que les peuples ne soient consultés) et l’orthodoxie financière imposée à tous.
L’abstention socialiste est une opération de camouflage d’autant que François Hollande, en cas de victoire, sera confronté aux deux textes adoptés (il ne dit pas vouloir les remettre en cause) et à la « règle d’or ».
Comme dit Martine Aubry : « quand c’est flou, il y a un loup ».
Notre 18 mars 2012
Le 18 mars résonne dans notre cœur comme une date porteuse d’espérance.
Le 18 mars évoque d’abord la Commune de Paris, cette insurrection à la fois patriotique (il s’agissait d’abord de refuser la reddition de Paris aux Prussiens) et internationaliste (parmi les dirigeant(e)s communards, le Hongrois Frankel, le Polonais Dombrowski et la Bulgare Elisabeth Dimitrieva voisinaient avec Varlin, Flourens, Louise Michel et Gustave Courbet…). Plus que jamais, face à l’Euro-Diktatüre européenne de Merkel, la nouvelle Miss Mark, et de son caniche « français » Sarkozy, le nouveau Thiers, union des travailleurs et des vrais républicains pour l’indépendance nationale, le pouvoir au peuple travailleur et la sortie de l’U.E. et de son maudit euro, de manière à préparer la rupture révolutionnaire avec le grand capital !
Le 18 mars, ce sont aussi les accords d’Evian de 1962 qui sanctionnèrent la victoire du peuple algérien et de tous les communistes et progressistes de France qui soutinrent ce juste combat anticolonialiste à l’issue duquel le peuple algérien a retrouvé sa dignité. Honneur aux combattants communistes pour l’indépendance, honneur à Alger républicain et à son directeur Henri Alleg, notre cher camarade, qui vainquit et dénonça la torture. Honneur au mathématicien communiste Maurice Audin qui fut sommairement exécuté par l’armée coloniale, dans laquelle sévissait horriblement le barbare Le Pen. Solidarité entre les peuples des deux rives de la Méditerranée contre toutes les formes de « Françafrique » et de « France à fric », non à toutes les guerres néocoloniales en cours ou en préparation, notamment contre la Syrie, défense de l’indépendance nationale française car ceux-là même qui préparent les expéditions coloniales à l’appel de l’aboyeur pseudo-philosophe BHL sont ceux qui ici persécutent les travailleurs immigrés, stigmatisent les musulmans et les chômeurs, harcèlent les syndicalistes et les enseignants, démolissent les conquêtes démocratiques de la Révolution française, la loi laïque de 1905, les acquis du Front populaire et du CNR. Non à la « Françallemagne » de Merkozy, et mille fois oui à la République française indépendante, sociale, non alignée, laïque, démocratique et populaire pour laquelle luttèrent des générations de militants ouvriers et de résistants communistes et antifascistes !
Le 18 mars c’est enfin la manif organisée ce jour par des militants dont nous, adhérents du PRCF, nous sentons proches. Pourtant, nous manquerions au devoir de franchise si nous ne disions pas avec sincérité les points politiques qui font débat et qui méritent une élucidation franche et rapide DANS L’INTERET MÊME du MOUVEMENT POPULAIRE, de la lutte contre le fascisant pouvoir UMP mais aussi contre l’UE du capital. Oui il est bon que les militants du mouvement populaire se réapproprient, à l’occasion de cette campagne, des thèmes que le PCF du Front populaire et de la Résistance n’a cessé de porter et que le PRCF a fait vivre sans relâche, bien qu’à contre-courant et absolument seul au début : celui de l’illégitimité de Sarkozy, le casseur de France, celui du « produire en France », sans lequel la classe ouvrière sera marginalisée, celui de l’alliance du drapeau rouge des ouvriers et du drapeau tricolore de la nation, celui du combat contre le capital, celui de l’opposition radicale à l’UE supranationale. Mais en même temps, nous tenons à exprimer démocratiquement, franchement et fraternellement tous nos questionnements : sans quoi ce sera de nouveau la désillusion, et la dynamique actuelle s’effondrera quand des ministres PCF ou proches de lui entreront dans un éventuel gouvernement Hollande-Moscovici chargé par Barroso d’organiser l’euro- « austérité juste » ouvertement promise par le PS.
C’est pourquoi aujourd’hui même, tout en saluant les frères de classe qui militent à la base au Front de gauche, nous éviterons deux attitudes également aberrantes :
- l’attitude sectaire qui consisterait à regarder avec mépris agir et militer des hommes et des femmes qui ont les mêmes aspirations que nous ; d’où notre présence critique mais fraternelle à ce rassemblement du 18 mars, avec notre Lettre ouverte à JL-L. Mélenchon et notre « programme-candidat » ;
- l’attitude opportuniste consistant à renoncer à notre devoir d’avant-garde pour nous mettre à la remorque de positions que nous savons erronées sur l’Europe. Non tout n’est pas réglé. Tant que Mélenchon, Pierre Laurent (devenu président du Parti de la Gauche Européenne et défenseur acharné de l’euro, à l’encontre de toute la campagne menée par Georges Marchais et par Henri Krazucki en 1992 à l’occasion du référendum sur Maastricht) continueront à dire qu’on peut sauver et changer la France tout en restant dans l’UE et l’euro, tant qu’ils continueront à diffuser l’ILLUSION DE L’EUROPE SOCIALE, ils resteront, volontairement ou pas, dans le sillage du PS et de ses euro-mondialisateurs à la DSK, P. Lamy et Cie, le PRCF exprimera donc sa différence, modestement, courageusement et fermement, dans l’intérêt de la dynamique populaire.
En Amérique latine, à laquelle se réfère M. Mélenchon, les Chavez, Morales, Castro et autres Corréa, n’ont pas prétendu « amender du dedans » l’ALENA, le MERCOSUR, l’OEA, et les autres institutions mises en place par l’Oncle Sam pour dominer l’Amérique latine. ILS ONT CLAQUE LA PORTE et ils ont repris ENSEMBLE, sur de toutes nouvelles bases, la marche vers l’indépendance nationale, vers la coopération internationale (c’est l’ALBA, Alternative Bolivarienne des Amériques, qui n’est pas régie par le libre-échange et la « concurrence libre et non faussée » mais par l’échange équilibré entre ETATS), et vers ce que certains d’entre eux nomment le « socialisme du 21ème siècle », même si cette expression pose encore bien des questions.
Eh bien il en ira de même chez nous. Pour ne pas « y rester », pour s’en sortir, la France devra sortir : sortir Sarko, certes, mais à quoi cela aboutira-t-il très rapidement si en même temps on ne sort pas aussi de la politique de Sarko ? Pour cela il faudra SORTIR de l’euro, SORTIR de l’UE et pour finir, SORTIR du capitalisme. Plus que jamais la lutte pour l’indépendance nationale et le combat pour socialisme sont liés ! Et tous les deux passent par la RUPTURE, au besoin UNILATERALE, avec l’U.E. supranationale et atlantique.
Cependant les militants du PRCF ne sont pas des donneurs de leçons : nous constatons qu’à l’heure actuelle, le Front de gauche n’est pas sur cette ligne révolutionnaire mais sur la ligne d’une prétendue « réorientation progressiste de la BCE et de la monnaie unique » qui de notre point de vue, relève du conte de fées. Mais peu importe, partons de manière constructive des positions telles qu’elles sont aujourd’hui : la question incontournable que nous posons à nouveau à M. Mélenchon, et à laquelle celui-ci s’est dérobé jusqu’ici, est la suivante : vous prétendez réaliser votre programme social dans le cadre de l’UE, soit ! Mais si comme il est prévisible, Merkel, Monti, Jajoy, Barroso, Cameron, et derrière eux, Washington et les banques disent « NEIN » ou « NO » (puisque la langue française est désormais inconnue de l’UE !), que ferez-vous ?
Il n’y aura que deux solutions :
- Soit vous imitez Jospin qui, en 97, s’est couché, a mis en place l’euro et a dû pour cela privatiser le secteur public et participer à toutes les guerres de l’OTAN (Yougoslavie, Afghanistan) pour rester dans les clous de l’Europe atlantique (et tout cela avec des ministres « communistes », n’ayons pas la mémoire courte) ;
- Soit vous annoncez que devant ce refus dictatorial d’accepter la volonté du peuple français, la France sortira de l’UE et de l’euro, non pour se replier sur elle-même, mais pour nouer de NOUVEAUX TRAITES INTERNATIONAUX PROGRESSISTES non limités à l’Europe, pour relancer son industrie sur la base d’un secteur public d’Etat planifiant la reconstruction, pour annuler la pseudo-dette et TOUTES les contre-réformes sarko-maastrichtiennes mises en place depuis 92, pour rebâtir et actualiser les acquis du C.N.R., tout SANS CRAINTE D’AFFRONTER LE GRAND CAPITAL.
Personne à gauche ne peut éluder cette question. Tant qu’on s’y dérobe, l’UE aura le dernier mot car dans le cadre de l’euro (c’est-à-dire du deutsche-mark fort indispensable au capital allemand !) il ne peut y avoir que des politiques de droite détruisant le pays. C’est pourquoi le livre blanc du MEDEF « Besoin d’airEs » exige la mise à mort de la République française, la « reconfiguration des territoires » et les « Etats-Unis d’Europe ». Le but de Parisot est ouvertement de transformer notre pays en une dizaine d’euro-régions placées sous la tutelle impériale de l’Axe Berlin-Washington.
Répondre oui à la question du PRCF, citoyen Mélenchon, ce ne serait pas « plomber la campagne ». Ce serait arracher à 100% le drapeau tricolore des mains indignes de l’UM’PEN, s’émanciper à 100% de Hollande (capitale Maastricht !), ce serait changer l’ambition même de la campagne : au lieu de « faire des voix » pour peser sur Hollande et influer à la marge sur une « alternance » de type maastrichtien, un véritable Front Républicain pour une Alternative Populaire et Patriotique (FRAPP !) commencerait à se dessiner. Du coup, des millions d’ouvriers, d’employés, de paysans, de retraités, d’artisans, abandonneraient l’extrême droite sarko-lepéniste qui usurpe le drapeau national. Au contraire, jouer petit bras sur l’Europe, ressasser le mensonge de « l’euro au service des peuples » (que la majorité des ouvriers ne croit plus) c’est laisser un boulevard à Sarko-Pen pour sa réélection face à un Hollande inodore, incolore et sans saveur. Clarifiez ! Dites quel est votre plan B si Angela dit « nein ! » ; sinon c’est que vous n’avez pas non plus de vrai « plan A », que vous refusez de choisir le peuple français souverain contre l’UE supranationale, que votre programme n’est là que pour faire rêver, pas pour changer, ce que nous ne pouvons imaginer étant donné l’espoir que nombre de militants placent en vous. Répondez-nous, la politesse républicaine l’exige et c’est votre intérêt électoral si votre souci est bien la dynamique populaire et l’alternative patriotique.
Malheureusement, J.-L. Mélenchon n’a toujours pas répondu à notre courrier fraternel, alors que notre demande a suscité l’intérêt de militants de base du Parti de gauche. La balle est dans le camp des militants du Front de gauche. Leur intérêt, s’ils ne veulent pas que les promesses de la Bastille finissent par une nouvelle vague bleue-brune submergeant la République, c’est que cette question soit reprise partout PAR LES TRAVAILLEURS ; non pour « plomber » les dynamiques actuelles mais pour unir les républicains qui gardent au cœur la classe ouvrière et la nation.
Georges Gastaud,
secrétaire national du PRCF.
L’UNION EUROPÉENNE :
MYTHE ET RÉALITÉS ( Annie Lacroix-Riz )
Le veto enregistré dans presque tous les (rares) pays où un référendum sur le cadre politique de l’Union européenne a été organisé atteste la prise de conscience populaire de ses réalités. Le jugement objectif a tardé, tant les promesses d’Eldorado ont accompagné, après la Deuxième Guerre mondiale en Europe occidentale, après la chute de l’URSS en Europe orientale, les grandes étapes de ce vaste plan d’unification des salaires au niveau le plus bas possible. Depuis que le paradis européen est apparu pour ce qu’il était – une impitoyable course au « dumping social » –, un nouveau thème (électoral) a surgi : la liberté illimitée du capital, baptisée « concurrence non faussée », serait la « dérive » malheureuse, récente et inattendue d’une Europe initialement « sociale ».
L’exposé historique qui suit révèle une « Union européenne » fidèle, tout au long de sa vieille histoire, à son objectif primitif d’écrasement des salaires et de maximisation des profits. Définis peu après la Première Guerre mondiale, ses plans commencèrent à être mis en œuvre pendant la première phase de la collaboration économique franco-allemande, entre 1924 et la crise des années trente. Leur application prit tout son développement, d'abord sous tutelle strictement allemande, pendant l'Occupation, puis dans la sphère d'influence américaine, celle de l’après-1945 progressivement élargie, depuis la liquidation de l’URSS, à presque tout le continent – le champ de notre « Union européenne » d’aujourd'hui.
La vérité pour la Grèce

Il existe une conspiration internationale dont le but est d’achever la destruction de mon pays. Ils ont commencé depuis 1975 avec comme cible la civilisation néohellénique, ils ont continué avec la déformation de notre histoire la plus récente et de notre identité nationale, et maintenant ils essayent de nous annihiler biologiquement par le chômage, la faim et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas, uni comme un seul homme, pour les empêcher, le danger que la Grèce disparaisse est réel. Je le situe dans les dix années à venir. De nous ne restera que la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.
Jusqu’en 2009 il n’y avait pas de problème économique sérieux . Les grandes blessures à notre économie étaient les dépenses exagérés pour l’achat de matériel de guerre et la corruption d’une partie de l’espace économique-journalistique. Mais pour ces deux blessures des étrangers étaient coresponsables. Comme par exemple les Allemands, les Français, les Britanniques et les étasuniens qui ont gagné des milliards d’euros sur le dos de notre patrimoine national par la vente annuelle de matériel de guerre. Cette constante hémorragie nous a mis à genoux et ne nous permettant pas d’aller de l’avant, alors qu’elle offrait de la richesse à des nations étrangères. La même chose arriva avec la question de la corruption. Par exemple, la société allemande Siemens avait un département spécial consacré l’achat d’intervenants grecs, en vue de placer ses produits sur notre marché. Par conséquent le peuple grec fut la victime de ce duo de larrons qui s’enrichissaient à ses dépens.
Il est évident que ces grandes blessures auraient pu être évitées si les directions des deux partis américanophiles au pouvoir n’avaient pas été pourris par des éléments corrompus, qui pour couvrir la fuite de la richesse (produit du travail du peuple grec) vers les caisses des pays étrangers, avaient eu recours à un endettement excessif, de sorte que la dette publique ait atteint 300 milliards d’euros, soit 130% du PIB (produit national brut).
Avec cette combine les étrangers déjà cités gagnaient doublement . Premièrement par la vente d’armes et de produits et deuxièmement par les intérêts sur l’argent qu’ils prêtaient aux gouvernements et non pas au peuple. Comme vous l’avons vu, le peuple était la victime dans les deux cas. Un seul exemple vous convaincra. Les intérêts de l’emprunt d’un milliard de dollars souscrit par Andréas Papandreou en 1986, auprès d’un grand pays européen, a atteint 54 milliards d’euros quand il a été finalement remboursé en ….2010!
M. Junger il y a un an a déclaré avoir constaté une grande hémorragie chez les Grecs en raison de leur dépenses exagérées (et nécessaires) destinées à l’achat de matériel de guerre à l’Allemagne et à la France. Il avait conclu en disant que nos citoyens étaient conduits vers une ruine certaine. Toutefois il avait avoué que la Grèce ne s’était engagée à aucune action qui aurait heurté les intérêts des pays amis!
En 2008 il y a eu une grave crise économique en Europe. Il était normal donc que l’économie grecque soit aussi affectée. Cependant, le niveau de vie qui était suffisamment élevé pour que nous soyons parmi les 30 pays le plus riches du monde, est resté fondamentalement le même. Mais il y a eu une augmentation de la dette publique. Mais la dette publique ne conduit pas nécessairement à une crise économique. Les dettes des grands pays, comme par exemple les États-Unis et de l’Allemagne se calculent en trillions d’euros. Le problème consiste à savoir s’il y a développement économique et production. Dans ce cas les grandes banques prêtent avec des intérêts de 5% jusqu’à ce que la crise soit passée.
En 2009 nous étions précisément dans cette position, quand le Premier ministre Georges Papandreou a pris ses fonctions en novembre. Pour que l’on se rende compte de ce que pense le peuple grec aujourd’hui de sa politique catastrophique je donne deux chiffres: aux élections de 2009 le PASOK [Parti socialiste – NdT] avait obtenu 44% des suffrages. Aujourd’hui les sondages lui en donnent 6%.
M. Papandreou aurait pu affronter la crise économique (qui comme je l’ai dit précédemment reflétait celle de l’Europe) par des prêts aux banques étrangères à des taux d’intérêt habituels, soit en dessous de 5%. S’il avait fait cela, il n’y aurait pas eu le moindre problème dans notre pays. C’est même l’inverse qui se serait produit, parce que nous étions dans une phase de développement économique. Par conséquent notre niveau de vie se serait amélioré. Pourtant M. Papandreou avait déjà commencé depuis l’été 2009, à conspirer contre le peuple grec, lorsqu’il avait rencontré secrètement Strauss-Kahn, avec pour objet de mettre la Grèce sous la férule du FMI. L’information concernant cette rencontre a été divulguée publiquement par l’ancien président du FMI…
Pour en arriver là, il fallait déformer la situation réelle de l’économie du pays, afin que les banques étrangères s’alarment et augmentent leurs taux d’intérêt à des niveaux prohibitifs. Cette onéreuse affaire a commencé avec la fausse explosion du déficit budgétaire de 9,2% à 15%. Il y a vingt jours, pour cet acte criminel, le procureur M. Peponis a déferré en justice messieurs Papandréou et Papaconstantinou (ministre de l’économie).
S’en est suivie, en Europe, une campagne systématique orchestrée par M. Papandréou et le ministre de l’économie, et ce durant 5 mois, lors de laquelle ils ont tout fait pour convaincre les étrangers que la Grèce était unTitanic prêt à sombrer, que les Grecs étaient des fainéants corrompus et par conséquent incapables de s’occuper des besoins du pays. Dans chacune de leurs déclarations les taux d’intérêt montaient au point que nous ne puissions plus emprunter, et que notre subordination auFMI et à la Banque centrale européenne, caractérisait notre salut, alors qu’en réalité c’était le commencement de notre mise à mort.
En mai 2010 fut signée par un seul et unique ministre le fameuxMémorandum, c'est-à-dire notre totale soumission à nos créditeurs. Le droit grec dans le cas d’un si important accord, exige qu’il soit adopté par le vote des trois cinquièmes des députés de l’Assemble nationale. Donc le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent actuellement, fonctionnent illégalement, non seulement selon le droit grec mais aussi selon le droit européen.
Depuis lors et jusqu’à maintenant, si les marches qui conduisent à notre mort sont au nombre de vingt, nous en avons déjà parcouru plus de la moitié. Imaginez qu’avec ce Mémorandum nous cédons aux étrangers notreindépendance nationale et notre patrimoine public. C'est-à-dire nos ports, nos aérodromes, notre réseau routier, l’électricité, l’eau, les richesses du sous-sol et sous la mer etc. etc. Même nos monuments historiques l’Acropole, Delphes, Olympie, Épidaure etc., puisque nous avons renoncé à faire les objections pertinentes.
La production s’est arrêtée, le chômage est monté à 18%, 80.000 magasins ont fermé, et de même des milliers d’artisanats et des centaines d’industries. En tout 432.000 entreprises ont mis la clé sous la porte. Des milliers de jeunes scientifiques quittent le pays, qui sombre chaque jour davantage dans l’obscurité moyenâgeuse. Des milliers de citoyens, anciennement aisés cherchent dans les ordures et dorment sur les trottoirs.
Entretemps nous sommes supposés vivre de la générosité de nos bailleurs de fonds, de l’Europe, des Banques et du FMI. En réalité chaque paquet de dizaines de milliards avec lesquels la Grèce s’endette, retourne dans sa totalité d’où il provient, alors que s’accumulent de nouveaux insupportables intérêts. Parce qu’il y a nécessité de maintenir l’état, les hôpitaux et les écoles, la Troïka accable les couches économiques moyennes et inférieures de la société avec des impôts exorbitants, qui conduisent directement à la famine. C’est le retour de la famine généralisée que nous avions connue au début de l’occupation allemande en 1941 avec ses 300.000 morts en une période de six mois. Depuis le spectre de la faim revient dans notre malheureux pays calomnié.
Quand on pense que l’occupation allemande nous a couté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment nous est-il possible à nous les Grecs d’accepter les menaces de Mme Merkel et la prétention des Allemands de nous imposer un nouveau gauleiter… cette fois-ci avec une cravate…
Pour démontrer combien la Grèce est riche et combien son Peuple grec est travailleur et consciencieux (conscience de la Dette envers la Liberté et l’amour de la patrie) nous avons la période de l’occupation allemande de1941 à octobre 1944, quand les SS et la faim ont tué un million de citoyens et que la Wehrmacht détruisait systématiquement le pays, volait la production agricole et l’or des Banques. Les Grecs ont sauvé le Peuple de la faim grâce au mouvement de Solidarité Nationale, ils ont formé une armée de 100.000 partisans, qui a immobilisé dans le pays 20 divisions allemandes [plus de 200.000 troupes – NdT].
Simultanément, non seulement les Grecs ont, grâce à leurs efforts, réussi à survivre, mais ont aussi développé la culture néohellénique dans des conditions d’occupation, particulièrement dans les secteurs de la littérature et de la musique.
La Grèce a choisit la voie du sacrifice pour la liberté en même temps que celle de la survivance.
Alors nous avons été frappés sans justification, nous avons répondu avec la Solidarité et la Résistance et nous avons survécu. Nous ferons de même maintenant avec la certitude que le vainqueur final sera le peuple grec. C’est ce message que j’envoie maintenant à Mme Merkel et M. Scheuble, tout en déclarant que je reste toujours l’ami du Peuple allemand et admirateur de sa grande contribution à la Science, à la Philosophie et à l’Art, particulièrement à la Musique! La meilleure preuve peut être est d’avoir confié la totalité de mon œuvre à deux éditeurs allemands, Schott etBreitkop, qui comptent parmi les plus grands éditeurs mondiaux, et dont la collaboration a été extrêmement amicale.
Ils menacent de nous expulser de l’Europe. Si cette fois l’Europe ne veut pas de nous, nous cette Europe de Merkel–Sarkozy, nous ne la voulons pas dix fois.
Aujourd’hui dimanche 12 février, je me prépare à prendre part moi aussi à la manifestation avec Manolis Glezos, le héros qui a fait enlever laSwastika de l’Acropole, donnant ainsi le signal de départ non seulement de la résistance grecque mais aussi européenne contre Hitler. Nos rues et nos places seront inondées de centaines de milliers de citoyens qui manifesteront leur fureur contre le gouvernement et la Troïka.
J’ai écouté hier le banquier-Premier ministre dans son discours au peuple grec qui disait que «nous sommes arrivés presqu’au zéro». Mais qui sont ceux qui nous ont conduits au Zéro. Pourquoi? Parce que c’est ce qu’ordonnent le FMI et l’Eurogroupe en faisant du chantage: si nous n’obéissons pas, nous serons conduits à la faillite…. Ici ce se joue le théâtre de l’insensé. Tous ces cercles qui essentiellement nous haïssent (étrangers et Grecs) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique dans laquelle ils ont plongé le pays, menacent, font du chantage, dans le but de poursuivre leur œuvre de destruction, c’est-à-dire de nous faire passer sous le Zéro, jusqu’à notre disparition définitive.
Nous avons survécu à travers les siècles à des conditions très difficiles et il est certain que même s’ils devaient nous conduire par la force à l’avant-dernière marche avant la mort, les Grecs non seulement survivront mais se régénéreront. En ce moment j’ai consacré toutes mes forces dans l’effort d’unifier dynamiquement le peuple grec. Je tente de convaincre que laTroïka et la FMI ne sont pas l’unique issue et qu’il existe une autre solution. Elle consiste à changer fondamentalement l’orientation de notre pays, à nous tourner vers la Russie pour une collaboration économique et créer des partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse naturelle de notre pays dans des conditions garantissant notre intérêt national. En ce qui concerne l’Europe, je propose que nous nous arrêtions d’acheter du matériel militaire à l’Allemagne et à la France. Alors que nous ferons tout ce qui est possible pour que l’Allemagne règle les dommages de guerre qu’elle nous doit et qui aujourd’hui atteignent avec les intérêts, les500 milliards d’euros.
La seule puissance qui puisse réaliser ces changements révolutionnaires est le peuple grec uni dans un énorme Front de Resistance et de Solidarité, pour que soit expulsé de notre pays la Troïka (FMI et les Banques européennes). Parallèlement seront considérés comme nuls et non avenus tous leurs actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats du patrimoine public). Naturellement leurs collaborateurs grecs qui ont déjà été condamnés dans la conscience du peuple comme des traitres, devront être punis.
Je me consacre entièrement à ce but (l’unité du Peuple dans un Front) et je crois que mes efforts seront finalement justifiés. J’ai combattu contre l’occupation hitlérienne l’arme à la main. J’ai connu les donjons de laGestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai survécu comme par miracle. En 1967 j’ai crée le PAM [Front antidictatorial panhéllenique - NdT], la première organisation de résistance contre la junte militaire. J’ai lutté dans l’illégalité. J’ai été pris et emprisonné dans la «boucherie» de la Sûreté de la junte. Au final j’ai tout de même survécu.
Aujourd’hui j’ai 87 ans, et il est probable que je ne survive pas pour voir le salut de ma patrie bien aimée. Cependant je mourrai avec la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin à faire mon Devoir par rapport aux idéaux de la Liberté et du Droit.











