« La France : Paroles de Communiste » : samedi 24 mars avec Georges Gastaud

« La France : Paroles de Communiste »
Nous recevrons M. Georges GASTAUD, responsable du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), philosophe et auteur de plusieurs ouvrages dont « Patriotisme et Internationalisme - éléments de réflexion marxiste sur la question nationale »
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A propos du mot d'ordre des Etats-Unis d'Europe
Lénine, 23 août 1915, dans « Le Social-Démocrate » n°44
Dans le n° 40 du Social-Démocrate, nous annoncions que la Conférence des sections de notre Parti à l'étranger avait décidé d'ajourner la question relative au mot d'ordre des « États-Unis d'Europe », tant que l'aspect économique de la question n'aurait pas été examiné dans la presse.
Les débats sur cette question avaient pris à notre conférence un caractère exclusivement politique. Cela tenait peut-être en partie à ce que le manifeste du Comité Central avait formulé expressément ce mot d'ordre comme un mot d'ordre politique (« le mot d'ordre politique immédiat... » y est-il dit); non seulement il préconisait les États-Unis républicains d'Europe, mais il soulignait tout spécialement que « sans le renversement révolutionnaire des monarchies allemande, autrichienne et russe », ce mot d'ordre était absurde, mensonger.
Il serait totalement erroné de s'élever contre cette façon de poser la question dans les limitesd'une appréciation politique de ce mot d'ordre, par exemple en lui reprochant d'estomper ou d'affaiblir, etc., le mot d'ordre de révolution socialiste. Les transformations politiques dans un sens véritablement démocratique, et à plus forte raison les révolutions politiques, ne peuvent jamais, en aucun cas, quelles que soient les conditions, ni estomper, ni affaiblir le mot d'ordre de révolution socialiste. Au contraire elles ne font jamais que rapprocher cette dernière en élargissant sa base, en entraînant dans la lutte pour le socialisme de nouvelles couches de la petite bourgeoisie et des masses semi-prolétariennes. Par ailleurs, les révolutions politiques sont inévitables au cours de la révolution socialiste, qui ne doit pas être considérée comme un acte unique, mais comme une époque orageuse de bouleversements politiques et économiques, de lutte de classes très aiguë, de guerre civile, de révolutions et de contre-révolutions.
Mais si le mot d'ordre des États-Unis républicains d'Europe, formulé en liaison avec le renversement révolutionnaire des trois monarchies les plus réactionnaires d'Europe, la monarchie russe en tête, est absolument inattaquable en tant que mot d'ordre politique, on se heurte encore à une question éminemment importante, celle du contenu et de la portée économiques de ce mot d'ordre. Du point de vue des conditions économiques de l'impérialisme, c'est-à-dire de l'exportation des capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales « avancées » et « civilisées », les États-Unis d'Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires.
Le capital est devenu international et monopoliste. Le monde se trouve partagé entre une poignée de grandes puissances, c'est-à-dire de puissances qui s'enrichissent en pillant et en opprimant les nations sans retenue. Quatre grandes puissances européennes: l'Angleterre, la France, la Russie et l'Allemagne, avec une population de 250-300 millions d'habitants et une superficie de près de 7 millions de kilomètres carrés, possèdent des colonies dont la population est d'environ un demi-milliard d'hommes (494,5 millions), et la superficie de 64,6 millions de kilomètres carrés, soit près de la moitié du globe (133 millions de kilomètres carrés sans la région polaire). Ajoutez à cela trois pays d'Asie: la Chine, la Turquie, la Perse actuellement dépecées par des forbans qui mènent une guerre « émancipatrice »: le Japon, la Russie, l'Angleterre et la France. Ces trois pays asiatiques, que l'on peut qualifier de semi-coloniaux (en réalité, ils sont maintenant, pour les neuf dixièmes, des colonies) comptent 360 millions d'habitants et 14,5 millions de kilomètres carrés de surface (c'est-à-dire près d'une fois et demie la surperficie de toute l'Europe).
Poursuivons. L'Angleterre, la France et l'Allemagne ont placé à l'étranger un capital d'au moins 70 milliards de roubles. Pour percevoir le bon petit profit « légitime » que rapporte cette somme rondelette, - profit qui dépasse trois milliards de roubles par an, - il existe des comités nationaux de millionnaires, appelés gouvernements, qui sont dotés d'une armée et d'une marine de guerre et qui « installent » dans les colonies et semi-colonies les fils et les frères de « Monsieur Milliard », en qualité de vice-rois, de consuls, d'ambassadeurs, de fonctionnaires de toutes sortes, de prêtres et autres sangsues.
Ainsi est organisée, à l'époque du développement ultime du capitalisme, la spoliation par une poignée de grandes puissances de près d'un milliard d'habitants du globe. Et, en régime capitaliste, toute autre organisation est impossible. Renoncer aux colonies, aux « sphères d'influence », à l'exportation des capitaux ? Y songer serait descendre au niveau du curé de campagne qui, tous les dimanches, prêche aux riches la majesté du christianisme et leur recommande de donner aux pauvres… sinon quelques milliards, du moins quelques centaines de roubles par an.
Les États-Unis d'Europe, en régime capitaliste, équivaudraient à une entente pour le partage des colonies. Or, en régime capitaliste le partage ne peut avoir d'autre base, d'autre principe, que la force. Un milliardaire ne peut partager le « revenu national » du pays capitaliste avec qui que ce soit, autrement qu' « en proportion du capital » (et encore avec cet additif que le plus gros capital recevra plus qu'il ne lui revient). Le capitalisme c'est la propriété privée des moyens de production et l'anarchie de la production. Prêcher le partage « équitable » du revenu sur cette base, c'est du proudhonisme, du béotisme de petit bourgeois et de philistin. On ne peut partager autrement qu'en fonction d'un « rapport de forces ». Or, le rapport des forces varie au cours de l'évolution économique. Après 1871, l'Allemagne s'est renforcée trois ou quatre fois plus vite que l'Angleterre et la France; le Japon, dix fois plus vite que la Russie. Pour mesurer la force réelle d'un État capitaliste, il n'y a et il ne peut y avoir d'autre moyen que la guerre. La guerre n'est pas en contradiction avec les principes de la propriété privée; elle en est le développement direct et inévitable. En régime capitaliste, le développement égal des différentes économies et des différents États est impossible. Les seuls moyens possibles, en régime capitaliste, de rétablir de temps en temps l'équilibre compromis, ce sont les crises dans l'industrie et les guerres en politique.
Certes, des ententes provisoires sont possibles entre capitalistes et entre puissances. En ce sens, les États-Unis d'Europe sont également possibles, comme une entente de capitalisteseuropéens... dans quel but ? Dans le seul but d'étouffer en commun le socialisme en Europe, de protéger en commun les colonies accaparées contre le Japon et l'Amérique, gravement lésés dans l'actuel partage des colonies, et qui se sont renforcés au cours de ces cinquante dernières années infiniment plus vite que l'Europe monarchique, arriérée, qui pourrit déjà de vieillesse. Comparée aux États-Unis d'Amérique, l'Europe dans son ensemble est synonyme de stagnation économique. Sur la base économique d'aujourd'hui, c'est-à-dire en régime capitaliste, les États-Unis d'Europe signifieraient organisation de la réaction en vue de retarder l'évolution plus rapide de l'Amérique. Les temps sont à jamais révolus où l'œuvre de la démocratie et celle du socialisme étaient liées uniquement à l'Europe.
Les États-Unis du monde (et non d'Europe) sont la forme politique d'union et de liberté des nations que nous rattachons au socialisme en attendant que la victoire totale du communisme amène la disparition définitive de tout État, y compris l'État démocratique. Toutefois, comme mot d'ordre indépendant, celui des États-Unis du monde ne serait guère juste, d'abord parce qu'il se confond avec le socialisme; en second lieu, parce qu'il pourrait conduire à des conclusions erronées sur l'impossibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays et sur l'attitude du pays en question envers les autres.
L'inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s'ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part. Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s'insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs États. La forme politique de la société où le prolétariat triomphera en renversant la bourgeoisie sera une république démocratique, centralisant de plus en plus les forces du prolétariat d'une nation ou de plusieurs dans la lutte contre les États qui ne sont pas encore passés au socialisme. La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations sous le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des Républiques socialistes contre les États arriérés.
C'est pour cette raison et à la suite de nombreuses discussions sur ce point, pendant et après la Conférence des sections du P.O.S.D.R. à l'étranger, que la rédaction de l'organe central en a conclu à la fausseté du mot d'ordre des États-Unis d'Europe.
C'est cette véritable histoire de la faucille et du marteau que vous allez découvrir sur mon blog. La faucille et le marteau, deux outils qui entremêlés symbolisent le communisme. Que cela plaise ou pas et bien que l'Union soviétique ait disparu, cet emblème garde sa puissante signification. Déclaré suranné par certains, il évoque toujours l'espoir de jours meilleurs pour des millions de femmes et d'hommes à travers le monde.
Mais d'où vient cet emblème?
Qui l'a suggéré, qui l’a créé, qui l’a dessiné ?
De quand date t- il ?
Que la faucille et le marteau soient un héritage de la révolution russe, rien n'est plus évident. C'est pendant l'hiver de 1918 que le Conseil des commissaires du peuple se préoccupa de faire établir un emblème pour le sceau du gouvernement et le pays alors que diverses représentations spontanées avaient déjà vu le jour. La tâche fut confiée à un artiste, Alexandre Léo. Celui-ci élabora un premier projet représentant une faucille, un marteau, un glaive entrecroisés devant un bouclier d'acier, le tout entouré d'une couronne d'épis. Le Conseil des commissaires du peuple en discuta à partir du 20 avril. Lénine se prononça pour la suppression du glaive : qu'avait à faire celui-ci sur le sceau d'un état qui se voulait pacifique ? ( 1) Restèrent donc la faucille et le marteau qui furent d'ailleurs reprises en mai et juin 1918 dans bien d'autres projets (2). Retenons déjà la signification pacifiste de ce choix. La faucille et le marteau furent conservées dans les armes de la RFSFR prévues par la première constitution de celle-ci en juillet 1918, puis dans les armes de l'URSS en 1922.
Dès 1918-19 d'ailleurs, en Russie, la faucille et le marteau, emblèmes très vite populaires, se croisent ou voisinent, comme ce fut le cas pour les emblèmes républicains à l'époque de la Révolution française, sur toutes sortes d'objets, plats, médailles, timbres (3) etc., tandis que des artistes les reprennent dans leurs compositions, comme le peintre Jean Pougny, qui né en Finlande, travaillait alors en Russie.
Que représentent dans l'imaginaire alors le marteau et la faucille? Le marteau, c'est le travail industriel assurément, mais c'est aussi l'ouvrier, plus généralement l'homme caractérisé par sa vigueur corporelle, car ce marteau peut être aussi une " masse ", lourde à porter. Outil polyvalent utilisé dans de très nombreux métiers et même dans les travaux domestiques - qui n'a pas aujourd'hui un marteau chez soi ? —, il apparaît assez bien adapté à la représentation du travail industriel ou artisanal, surtout si l'on tient compte du fait que les représentations symboliques des réalités matérielles sont souvent marquées par un certain archaïsme.
Quant à la faucille, c'est loin d'être seulement un symbole du travail agricole. Bien que le mot faucille en russe (" serp ") soit masculin, la faucille c'est l'outil de la femme à la campagne alors que les hommes utilisent plutôt la faux. La faucille, c'est donc aussi la femme, ce que suggèrent peut-être implicitement ses formes arrondies.

Une affiche du 1er Mai 1920 en Russie illustre cette interprétation. On y voit, s'avançant fièrement vers l'avenir, côte à côte, un ouvrier portant une lourde masse, un paysan pourvu d'une faux, une paysanne portant une faucille. La meilleure illustration de cette dualité faucille - marteau se trouve dans le monument du pavillon soviétique à l'Exposition universelle de Paris en 1937, qui fut justement célèbre: un ouvrier et une kolkhozienne tendent vers le ciel, entrecroisés, le premier un marteau, la seconde une faucille. La signification apparaît claire : la société soviétique réconcilie le travail agricole et le travail industriel sur fond de paix comme elle unit plus étroitement l'homme et la femme.
Il était normal qu'en France, où la pratique des symboles politiques était familière (avec le bonnet phrygien, par exemple), l'attirance pour le symbole nouveau fut vive. Dans la tradition républicaine et socialiste française, bien des éléments préparaient son adoption. La franc-maçonnerie avait déjà popularisé la représentation emblématique des outils du travail (le niveau, le fil à plomb).
Le marteau était, à travers le personnage du " forgeron ", familier aux écoliers français qui avaient appris à l'école l'Outil de Clovis Hugues :
" Le père; un forgeron musclé comme un athlète/a deux outils de fer l'enclume et le marteau " ;ou mieux encore : la Légende du forgeron de Jean Aicard : " Un forgeron forgeait une poutre de fer (. ..)Il chantait le travail qui rend dure la main / Mais qui donne un seul cœur à tout le genre humain ".
Que de fois l'image de la " forge " avait été utilisée pour illustrer l'avenir en préparation, le rougeoiement du foyer s'identifiant au soleil levant ! Quant à la faucille, bien que cet outil ait été présenté, et parfois en plusieurs exemplaires, dans toutes les exploitations paysannes et même bien au-delà, qu'il ait été largement utilisé par les femmes dans une France encore majoritairement rurale, c'est peut-être un symbole usité, sans doute parce qu'en terme de représentation féminine, l'image de Marianne avait ici occupé le terrain.
Un dessin de Steinlen, Souvenir de la Commune de Paris, met au premier plan, dans une foule ouvrière symbole du peuple, un ouvrier muni d'une masse, un paysan avec une faux, mais la femme du peuple qui conduit le cortège est ici - nous dirons : naturellement — une Marianne à bonnet phrygien (4). Rien ne s'opposait en tout cas, dans le domaine des représentations symboliques, à l'adoption en France de la faucille et du marteau.
Le prestige de la révolution d'Octobre aidant, la symbolique empruntée à la révolution soviétique s'acclimate sans peine dans le terreau culturel français. Il n'est donc pas étonnant que les timbres du nouveau Parti communiste fassent place en France dès 1922 à la faucille et au marteau (remplaçant la République rouge encore présente en 1921). Ce n'est qu'un peu plus tard avec la bolchévisation que le symbole est associé en 1924 au titre de l'Humanité, comme c'est encore le cas de nos jours.

Sans doute, avant cette date, la faucille et le marteau trouvent occasionnellement leur place dans le journal : le 11 octobre 1923, par exemple, un dessin de Grandjouan montre une Marianne assise et pensive à côté d'un porte - feuille d'actions, d'un sabre, d'une faucille et d'un marteau, avec cette légende :
" La révolution ou la guerre, la faucille et le marteau du travail ou le sabre, il faut choisir ma petite ! "
Le 4 octobre 1924, le pas décisif est accompli. L'emblème- très proche alors que celui de la RSFSR — prend place à la droite du titre de l'Humanité. On tâtonne ensuite pour lui trouver une place définitive d'abord entre le L et le H (24 octobre 1924), puis derrière le M (16 mars 1926), et en même temps on le simplifie et or l'épure pour ne mettre en valeur fina-lement que les deux instruments de travail.
Beaucoup plus récemment enfin, c'est sous le titre du journal qu'ont pris place ceux-ci.
Parti populaire, ouvrier et paysan, le PCF a trouvé dans la faucille et le marteau un emblème dont la signification la plus évidente (l'union des travailleurs industriels et agricoles) semblait bien correspondre à son identité réelle, alors que cet emblème était porteur au départ — comme on a tenté de le montrer plus haut -, de contenus plus riches et plus variés qui n'ont peut-être pas été pleinement assimilés.
Ce symbole représente-t-il correctement ce qu'est devenu le Parti communiste et plus généralement la cause qu'il incarne dans une société profondément transformée? (5)
L'imagerie symbolique, il faut le rappeler, n'a pas une fonction de représentation directe. La meilleure preuve n'en est-elle pas que la République s'identifie en France à une femme alors que les femmes ont eu le droit de vote très tard et que jamais une femme n'a accédé à la fonction suprême de l'Etat?
Mais il n'est pas moins vrai qu'un emblème a une certaine importance, puisque tant à travers sa perception consciente que par ce qu'il évoque dans l'inconscient, celui-ci doit aider à mobiliser les individus en faveur de la réalité qu'il évoque.
La question de l'origine du symbole fait-elle problème après l'échec de l'expérience soviétique? La disparition de l'URSS, la tendance, en Russie, à revenir aux emblèmes de l'Ancien Régime (aigles et autres préda-teurs, tout à l'opposé de nos modestes instruments) restitue — semble-t-il - au symbole du PCF, bien naturalisé en France grâce à l'action du parti qui en est le porteur, un signification indépendante.
Reste enfin l'argument plus fort, selon, lequel l'emblème actuel, en privilégiant le travail manuel, en ignorant le travail intellectuel qui a pris une place de plus en plus grande dans tous les secteurs de l'activité économique, donnerait une image trop archaïque d'un parti qui se veut moderne.
Peut-on trouver mieux ?
D'autres s'y sont essayé : l'ex-RDA, par exemple, avait repris, parmi ses symboles, le marteau, mais lui avait associé le compas. La diversité des formes du travail aujourd'hui fait qu'il est difficile sans doute de les résumer dans des outils quels qu'ils soient, surtout si l'on pense que ces outils doivent en outre se prêter à une représentation qui parle à la raison comme au cœur.
Ne fermons pas en tout cas la porte à l'imagination, aux efforts de renouvellement créateur. Mais ce que l'on peut espérer en revanche, c'est que, si un nouvel emblème était souhaité par les adhérents du parti, les significations primitives et émancipatrices de la faucille et du marteau soient conservées et mises en lumière, c'est-à-dire le pacifisme, l'union dans l'égalité, de la femme et de l'homme, la coopération des différentes formes du travail pour une société meilleure.
Raymond Huard
(1) Voir l’Union soviétique n°9 (270),1972,p.8
(2) Voir sur ce point l’ouvrage de W.Bereliwitch et L.Gervereau, Russie-URSS 1914,1991, changements de regards , BDIC, 1991, notamment p.12-13 qui donne une histoire beaucoup plus détaillée des emblèmes soviétiques.
(3) Voir à ce sujet les documents rassemblés dans l’ouvrage En écoutant le cœur de la révolution (en russe) éd.Aurore Léningrad, 1977 (plusieurs rééditions)
(4) Le Congrès de Tours, Ed.sociales, 1980, p.8
(5) La question a été posée dans une lettre à l’Humanité Dimanche par Claude Boudret de Robion Vaucluse), lettre publiée dans le numéro 197, 23 au 29 déc.1993.
Le texte ci-dessus reproduit à l’identique l’article paru initialement dans l’hebdomadaire du PCF : " Révolution " n° 727 du 3 février 1994 –pages 26 et 27. I
l est publié sur ce site dans le simple but d’informer les internautes sur un sujet rarement (pour ne pas dire jamais) traité sur le web ou ailleurs.
TEXTE REPRIS SUR les blogs de nos Camarades :
EL DIABLO et http://canempechepasnicolas.over-blog.com/
Nous vous présentons la conclusion du livre de Mikhail Kilev, docteur ès sciences militaires
«Krouchtchev et la Désagrégation de l’URSS»
Dans la mythologie grecque, le roi Augias n'avait pas nettoyé ses écuries depuis trente ans et un tas d'ordures s'y était entassé. Quand Hercule, qui avait une force exceptionnelle, avait vu toute cette saleté dans les écuries d'Augias, il a détourné les eaux d'un fleuve et les a dirigées vers les écuries. En un jour il les a nettoyées.
On peut dire maintenant qu'à la suite de la campagne calomnieuse des révisionnistes et des ennemis du socialisme, des 1tas de mensonges se sont entassés contre la personne et l'œuvre de Staline. L'expérience des dernières décennies montre que cette propagande s'est dirigée aussi contre le nom et l'œuvre de Lénine, contre le marxisme-léninisme et le socialisme, car ils sont inséparables. En quarante ans, cette propagande a transformé les mensonges en symboles de dictature et de manque de démocratie sous le socialisme. Il ne faut pas sous-estimer ce fait triste, mais réel.
Pour éliminer ces montagnes de mensonges et de calomnies, il faudra beaucoup d’Hercules pour détourner le courant de plusieurs fleuves, qui auront à nettoyer le nom et l'œuvre de Staline et de Lénine. Ce n'est que par un tel labeur que se rétablira la vérité sur leur œuvre révolutionnaire, sur l'essence et le contenu de la construction du premier État socialiste au monde. C'est très important et absolument indispensable.
Sans aucun doute, les vrais communistes dirigeront les eaux de la science pour éliminer ce tas de mensonges, accomplissant ainsi leur tâche historique. Et surtout, leur gigantesque travail permettra aux peuples de profiter de l'expérience et de la créativité révolutionnaire des peuples soviétiques. Il y en a qui sous-estiment cette expérience et cette créativité, d'autres les ignorent. C'est pourquoi il faut les rappeler sans cesse :
- c'est l'expérience des ouvriers et des paysans en uniforme de soldat, qui ont gagné la victoire de la Révolution d'Octobre en 1917 et ont participé dans la mise en place du pouvoir soviétique ;
- c'est l'expérience des ouvriers et des paysans russes, combattant dans l'Armée Rouge pendant la guerre civile de 1918 à 1921 ;
- c'est l'expérience de plusieurs années de travail créatif des peuples soviétiques, pour l'édification du socialisme, pour l'industrialisation du pays, sans s'endetter auprès des requins impérialistes ;
- c'est l'expérience révolutionnaire novatrice du mouvement Stakhanoviste, accélérant les rythmes de l'édification socialiste ;
- c'est l'expérience de la collectivisation de l'agriculture des paysans de l'URSS ;
- c'est l'expérience de la création d'une société sans classes, sans exploitation de l'homme par l'homme, enrayant le chômage, transformant le travail, par sa créativité, en source de joie et de satisfaction ;
- c'est l'expérience des conquêtes de la science, de la culture, de l'éducation, de la santé et de la sécurité sociale des peuples soviétiques ;
- c'est l'expérience de la défense de la Patrie socialiste, face au fascisme ;
- c'est l'expérience de la reconstruction du pays après la guerre qui avait ramené la construction socialiste au point zéro.
Il faut aussi que les peuples retiennent les leçons des expériences négatives, des erreurs et des défauts, inévitables dans la créativité de l'édification socialiste.
A la fin de son discours au V Congrès du PCB, le 19 décembre 1948, Georges Dimitrov, fortement applaudi par les délégués du Congrès, a déclaré :
"Toute l'expérience du mouvement communiste international confirme qu'un vrai marxiste, c'est celui qui est un vrai léniniste, et un vrai léniniste ne peut pas ne pas être un vrai staliniste.
Un vrai marxiste-léniniste-staliniste aujourd'hui, est celui qui :
- s'appuyant sur le matérialisme historique, reconnaît que le système capitaliste actuel est transitoire et s'achemine vers une société socialiste sans classes, et vers le communisme. Les ennemis de classe font tout pour prouver que le système capitaliste est éternel et irremplaçable. Mais il ne faut pas oublier que, malgré toutes ses richesses, la société capitaliste s'épuise et se décompose. Car les pauvres, de plus en plus nombreux, y deviennent plus pauvres, alors que le nombre des riches s'amenuise en concentrant de plus en plus de richesses. Car le capitalisme ne peut enrayer le chômage, la pauvreté, le vide culturel, la criminalité, la prostitution et beaucoup d'autres fléaux. L'issue de cette réalité ne peut être que dans le développement de la conscience politique des masses, pour s'organiser et s'unir dans le combat pour l'élimination de la société capitaliste. La théorie marxiste-léniniste donne ESPOIR et OPTIMISME dans la victoire définitive du socialisme et est une source de grande énergie sociale ;
- celui qui applique le matérialisme dialectique pour l'appréciation des phénomènes sociaux et élabore scientifiquement la stratégie et la tactique des communistes ;
- celui qui admet l'existence de la lutte des classes au niveau international et reconnaît qu'elle s'aiguise constamment ;
- celui qui admet que la classe ouvrière est obligée d'utiliser toutes formes de lutte, y compris la lutte armée et la violence, selon les conditions dans chaque pays ;
- celui qui reconnaît l'existence des contradictions Nord-Sud, des contradictions régionales et des contradictions entre pays impérialistes ;
- celui qui reconnaît que la révolution prolétarienne doit instaurer la DICTATURE DU PROLÉTARIAT, indispensable pour l'édification du socialisme, et que son objectif est la NATIONALISATION DES MOYENS DE PRODUCTION, pour qu'ils deviennent propriété des travailleurs, condition fondamentale de la créativité et la satisfaction du travail ;
- celui qui admet la nécessité de l'augmentation et la modernisation incessantes des forces productives ; de l'éducation des travailleurs au collectivisme et au patriotisme socialiste ; de la satisfaction maximale des besoins croissants des masses, qui sont l'essence même du socialisme ;
- celui qui reconnaît que le Parti Communiste défend les intérêts des masses exploitées des villes et de la campagne, qu'il est le parti des gens qui bâtissent la société socialiste et l'organisateur de leur travail ;
- celui qui accepte le CENTRALISME DÉMOCRATIQUE comme le principe le plus démocratique dans le travail et la direction du Parti et de l'État ;
- celui qui admet que la formation idéologique des membres du Parti est une garantie de leur conscience de classe et de vigilance, nécessaires pour combattre l'idéologie bourgeoise, pour éviter les ennemis à l'intérieur du parti et le révisionnisme de toute sorte ;
- qui accepte la solidarité internationale entre communistes, comme l'un des facteurs principaux de la réussite de la lutte contre l'impérialisme ;
- qui accepte la nécessité de compromis révolutionnaire pour unir les communistes avec des alliés de la classe ouvrière ;
- qui est capable de donner l'exemple personnel par son mode de vie et de travail, d'entretenir des liaisons indestructibles avec les travailleurs. Marx admirait les Communards de Paris qui ont introduit le principe d'un salaire moyen des fonctionnaires dirigeants – principe révolutionnaire bien peu appliqué aujourd'hui.
LES COMMUNISTES NE DOIVENT PAS OUBLIER QU'ILS SONT INVINCIBLES QUAND ILS SONT UNIS.
Post-scriptum
Telles sont les analyses et les conclusions que nous avons tirées des points principaux relevés dans le rapport Khrouchtchev "Sur le culte de la personnalité et de ses conséquences", présenté à une session à huis clos au XXe Congrès du PCUS, le 25 février 1956.
Près de 45 ans se sont écoulés depuis, remplis d'événements historiques graves.
Il faut que les communistes développent aujourd'hui sans tarder, une discussion marxiste-léniniste approfondie, créative. Ce travail sérieux s'impose, afin de :
- détecter les raisons profondes de la défaite de l'URSS et du camp socialiste. Cette défaite douloureuse est néanmoins un phénomène historique provisoire. Il est réversible et le socialisme peut être restauré dans un délai historique assez court ;
- débarrasser à fond le marxisme-léninisme de toutes les strates de révisionnisme qui se sont superposées depuis près d'un demi-siècle ;
- rétablir le socialisme scientifique, en le débarrassant des déformations et avatars induits par le révisionnisme, et redonner l'espoir en le communisme comme avenir réaliste des peuples ;
- faire une analyse scientifique des contradictions internationales actuelles et des tendances de leur développement, permettant d'élaborer la stratégie et la tactique adéquates pour chaque parti communiste, selon les conditions concrètes dans chaque pays ;
- rétablir l'image de Joseph Vissarionovitch Staline, en sortant de l'oubli sa grande œuvre révolutionnaire, fondée sur l'œuvre de Marx, Engels et Lénine, qu'il a poursuivie et développée sur les questions de la concrétisation de l'édification socialiste dans un seul pays, vaste et arriéré, et dans les conditions d'encerclement capitaliste par de puissants pays impérialistes.
L’œuvre stalinienne est un drapeau pour les peuples opprimés, à travers l’exemple qu’ont donné les succès des réalisations socialistes. Il est grand temps que les communistes du monde entier hissent audacieusement ce drapeau-éclaireur.
Le livre au complet est disponible sur le site : http://www.communisme-bolchevisme.net

Solidarité avec le peuple grec en résistance, ou : PROGRESSISTES, REFUSONS LE NOUVEL EURO-ESCLAVAGE POUR DETTES !
Il y a 2500 ans, les armées grecques emmenées par les hoplites de la toute jeune démocratie athénienne arrêtaient l’Empire perse en pleine expansion : c’était la bataille de Marathon (-490), bientôt suivie des victoires de Platée et de Salamine. Les citoyens grecs triomphaient alors du despotisme oriental en se rangeant derrière la fière devise : « mieux vaut mourir libres que vivre esclaves ! ».
Dans le même temps, une immense révolution plébéienne secouait l’Attique, donnant naissance à la première grande démocratie de l’histoire, celle d’Athènes, sous la conduite de Solon, de Clisthène, puis de Périclès. La tragédie Les Perses d’Eschyle commémore cette grande avancée civilisatrice, qui venait couronner sur le terrain politique l’ainsi-dit « miracle » grec, lequel avait vu Thalès et d’autres penseurs récuser la mythologie traditionnelle, inventer la démonstration géométrique, jeter les bases philosophiques des sciences de la nature et de la médecine en refusant toute référence au surnaturel. Cette époque grandiose vit aussi la naissance du théâtre grec, alors profondément ancré dans la vie de la Cité.
Le moteur de ces bouleversements sans précédent fut le soulèvement des plébéiens de l’Attique, notamment de la petite paysannerie, contre l’esclavage pour dettes pratiqué par l’aristocratie des Eupatrides : c’est sur la condamnation radicale de cette pratique que s’est édifiée, dans les limites sociales et économiques qui étaient celles de cette époque, la toute nouvelle démocratie athénienne.
Aujourd’hui, alors que le 2500ème anniversaire de Marathon n’a donné lieu à aucune commémoration pan-européenne d’ampleur significative, l’U.E. écrase, humilie et asservit la République grecque, sommée de se vendre et de se rendre à 100% (privatisations tous azimuts, destruction de l’Etat régalien, armée comprise, refus de reconnaître le droit du peuple grec d’être consulté par référendum s’il en décide ainsi…). Les principaux auteurs de cet euro-diktat sont l’Allemagne capitaliste, - que son terrifiant passé balkanique devrait pourtant conduire à plus de retenue - , mais aussi le micro-Empereur vassalisé de l’Elysée. Derrière ces « diktateurs » d’apparat, on n’a aucune peine à discerner les vraies puissances qui les inspirent : les Banques et les sacro-saints « marchés financiers ». Cette étroite minorité d’oligarques entend bien rétablir de fait, avec l’appui du FMI et de l’OTAN, l’esclavage pour dettes à l’encontre de peuples entiers. Aujourd’hui ce sont la Grèce, l’Espagne et l’Italie qui sont mises à la question, mais une fois passées les présidentielles, ce sera le tour du peuple français, dont Nicolas Sarkozy menace déjà de détruire la Sécurité sociale après avoir déstabilisé l’Education nationale, l’hôpital public, la Recherche publique et cet acquis social structurant le lien intergénérationnel que sont les retraites par répartition nées du C.N.R. et des combats de la Résistance.
Car à court terme, notre pays n’est pas moins visé que la République grecque : violant pour la seconde fois le Non du peuple français à la Constitution européenne (un Non déjà bafoué par la forfaiture qu’a constitué l’adoption parlementaire du Traité de Lisbonne, copie conforme du Traité Constitutionnel Européen), voilà que Sarkozy, - approuvé sur ce point par François Hollande - , met en place sans nous consulter un « gouvernement économique franco-allemand » ; voilà qu’il soumet désormais le budget français aux eurocrates de Bruxelles et Francfort, - c’est-à-dire en fait, aux experts de Mme Angela Merkel - ; voilà qu’il invite le ministre allemand des finances à siéger régulièrement, en qualité de mentor, au Conseil des ministres « français ». Où et quand le peuple français a-t-il donc décidé de dissoudre son Etat-nation séculaire pour que lui soient substituées la « Françallemagne » et la « Franceurope » que les financiers exigent à grands cris ? Hitler a-t-il donc gagné la guerre pour que l’impérialisme allemand, dopé par le phagocytage de l’ex-RDA et par l’annexion à l’UE des ex-pays socialistes de l’Est (le prétendu « élargissement européen »), impose désormais ses vues à tout notre sous-continent avec l’aide de ceux qui, à Paris, réendossent indignement la livrée des Emigrés de Coblence, des Versaillais de Thiers et des collaborateurs de Vichy ?
A condition de ne pas se laisser aveugler par l’intense propagande sur la « dette » (est-ce donc aux banques de faire mourir les peuples ou aux peuples de mettre au pas les « marchés » ?), à condition de refuser le décervelage qui fait passer la « construction européenne » ultra-patronale, germano- et américano-centrée pour la « fin de l’histoire », chacun peut constater que l’Empire européen qui fleurit sur les ruines des acquis sociaux et des souverainetés nationales, a bien plus à voir avec le despotisme et la démesure du « Grand Roi » Darius qu’avec la fière devise des vainqueurs de Marathon. En réalité, née de l’effacement des premières expériences socialistes de l’histoire, la « construction européenne » porte en ses flancs un noir potentiel de destruction et de contre-révolution séculaire et millénaire. Ce ne sont plus seulement désormais les avancées sociales liées à la Révolution d’Octobre 1917, ni celles qui résultèrent de la défaite de Hitler à Stalingrad et à Berlin, que menace un système capitaliste en proie à la chasse effrénée au profit. Ce n’est plus seulement l’acquis civilisateur des Révolutions démocratiques bourgeoises des 17ème et 18ème siècles qui se trouve réduit à néant par ceux qui ricanent à la seule idée de consulter les peuples, de tenir compte de leurs éventuels refus, de soumettre aux parlements nationaux élus la politique budgétaire et monétaire des différents pays d’Europe. C’est désormais le code génétique de « l’Europe grecque », celui-là même qui s’est formé aux 6ème et 5ème siècles avant notre ère autour des notions d’humanisme, de raison et de citoyenneté, qui est attaqué de front par l’Empire européen piloté par Francfort, Wall Street, la City et le CAC 40.
Si pour finir la Grèce, son peuple fier, sa classe ouvrière et sa jeunesse combatives étaient mises au pas par l’UE avec l’active collaboration des proconsuls « grecs » de l’Empire, MM. Caramanlis et Papandréou, toutes les offensives antisociales, toutes les contre-réformes fascisantes feraient un bond en avant gigantesque sur tout le sous-continent européen. Déjà, les partis communistes sont interdits ou persécutés dans les ex-pays socialistes de l’est, déjà porter une chemisette ornée du Che est passible de deux ans de prison à Varsovie, déjà l’extrême droite nostalgique du Reich ou de Mussolini tient le haut de l’affiche (Hongrie, Italie, Flandre belge, Pays baltes…), quand elle ne participe pas directement au gouvernement de certains pays de la brunâtre Union européenne. Quelle sinistre revanche posthume pour tous ces empires qu’avaient su mettre à bas les peuples, de l’Empire perse d’avant-hier au barbare Troisième Reich d’hier!
C’est pourquoi les signataires de cet appel se déclarent pleinement solidaires de celles et de ceux qui, en Grèce, refusent de plier devant « l’union sacrée » de Papandréou-Caramanlis, laquelle vise à déposséder le peuple grec de sa souveraineté pour l’asservir aux maîtres du capital grec et étranger. L’Europe des luttes, celle qui ne se fait pas dans l’U.E. mais contre elle, combat déjà pour rendre aux peuples leur droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes, leur droit au progrès social et à la dignité nationale, leur droit à une coopération égalitaire dégagée du carcan de la « concurrence libre et non faussée » imposée par l’euro-mondialisation capitaliste (avec sa monnaie unique, son marché unique, son économie unique, sa politique unique, sa pensée unique, sans oublier sa langue unique, l’américain des affaires). Cette Europe des résistances n’a nul besoin de traité pour se lever contre ceux qui la nient jusque dans ses racines : elle doit prendre de l’ampleur en se solidarisant avec tous les peuples en lutte, et d’abord avec le peuple grec. Ce n’est pas l’esclavage des peuples pour dettes qu’il faut rétablir, c’est au contraire l’euro-esclavage de la dette qu’il faut abolir en taxant durement tous les usuriers du capital, qu’ils soient grecs, allemands ou français… Et ce n’est pas le funeste euro qu’il faut sauver à tout prix, c’est l’indépendance des peuples, c’est le service public, c’est le droit pour chaque peuple de produire chez lui sans devoir tout importer et tout délocaliser ; c’est le droit pour chaque peuple de développer sa culture et sa langue, non pour s’isoler, mais pour échanger à égalité avec les autres pays et les autres cultures du monde entier. C’est aussi le droit pour tous les peuples qui le souhaitent de rompre avec l’« économie de marché ouverte sur le monde » prescrite par les Traités de Maastricht et de Lisbonne, qui interdisent despotiquement de construire une société où les travailleurs, créateurs de toute richesse, seront au centre de la vie politique et économique. Et s’il faut pour cela rompre avec cette prison des peuples qu’est l’U.E., s’il faut pour cela en finir avec l’étouffante « monnaie unique », les peuples n’en mourront pas : c’est au contraire s’ils restent dans ces terribles machines à broyer les peuples, qu’ils « y resteront » et qu’ils « y passeront tous », de la Grèce de Thalès à la France du C.N.R., du Portugal de la Révolution des Œillets à la Pologne de Kosciusko et de Dombrowski en passant par l’Allemagne de Beethoven, de Bertolt Brecht et de Thomas Mann !
Non la devise de l’avenir ne peut pas être : « Euro-esclave, paie ta dette qui n’en augmentera pas moins sans cesse », comme c’est déjà le cas depuis des décennies dans l’hémisphère Sud saigné par les banques du Nord, « et pour cela, accepte la servitude volontaire à perpétuité et trime de plus en plus durement, de plus en plus tardivement, de plus en plus indignement, en recevant toujours moins de salaire, de soins médicaux, d’éducation… et de respect » !
Comme le disait l’appel clandestin publié par Jacques Duclos et par Maurice Thorez en juillet 1940 à l’intention de notre peuple humilié, « jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ! ». Comme le clame encore aujourd’hui le peuple cubain héritier d’Ernesto Guevara face au blocus de l’Empire U.S. : « la patrie ou la mort, nous vaincrons ! ». Et comme le disaient hier nos Sans-Culotte, « liberté, égalité, fraternité ou la mort ! », ce qui revenait à traduire en français la sublime devise des hoplites de Marathon.
A la fois patriotique et internationaliste, la nouvelle bataille contre l’esclavage pour dettes vient de commencer à Athènes. Nous appelons les intellectuel(-le-)s attaché(-e-)s aux Lumières, les militant(-e-)s fidèles aux valeurs progressistes des grandes révolutions du passé, à se solidariser avec le peuple grec en résistance, à réfuter les euro-mensonges des médias, en un mot, à refuser à la fois le « droit » pour les grands Etats prédateurs d’asservir des pays plus faibles et le « devoir » pour les peuples de vivre esclaves au nom du Dieu Euro.
Faisons revivre l’esprit de révolte contre l’indignité de l’esclavage pour dettes, qui permit au peuple athénien d’hier, et qui permettra demain aux peuples grec, français, italien, espagnol, portugais, allemand, etc., de balayer tous les despotismes, fussent-ils cachés derrière les mots usurpés d’« Europe », de « liberté » et de « démocratie » !
PREMIERS SIGNATAIRES:
Georges Gastaud, philosophe (62) ; Pauline Antonini, étudiante de l’Ecole des Chartes (75) ; Gilles Bachelier, juriste, officier de l’ordre national du mérite ; Jean-Pierre Combes, ingénieur polytechnicien (19) ; René Coucke, médecin (59) ; Aurélien Djament, chercheur en mathématiques (44) ; Jean-François Dejours (62), philosophe, syndicaliste ; Bruno Drweski, historien, Barbara Y. Flamand, écrivain (Belgique), Vincent Flament, latiniste, militant internationaliste (59) ; Marie-France Fovet, militante internationaliste, professeur de philosophie retraitée (22) ; Benoît Foucambert (81), Marc-Olivier Gavois (13), agrégés d’histoire ; Georges Hage, m. honoraire du parlement français (59) ; Annie Lacroix-Riz, historienne, professeur d’université émérite (78) ; Léon Landini, a. officier FTP-MOI, officier de la Légion d’honneur, Grand mutilé de guerre (92) ; Angeles Maestro, médecin, a. députée « rouge » au parlement espagnol ; Antoine Manessis, chargé de cours à l’université de Grenoble (38), Pierre-Alain Millet, élu municipal, enseignant informatique (69), Dominique Mutel, professeur agrégé d’anglais (62) ; Laurent Nardi, professeur de lettres (74) ; Jacques Nikonoff, universitaire ; Gaston Pellet, militant de la résistance linguistique au Business Globish ; Pierre Pranchère, ancien maquisard FTPF, a. député de la nation, a. député européen (19) ; Jean-Luc Pujo, animateur des Clubs Penser la France (75) ; Françoise Roucheray, professeur agrégé d’anglais en CPGE, 59 ; Nathalie Sage-Pranchère, archiviste-paléographe, historienne (75) ; Jany Sanfelieu, helléniste (86) ; Daniel Serrano, militant républicain espagnol (75) ; Jean-Pierre Sinkiewicz, professeur de physique, syndicaliste ; Stéphane Sirot, historien (59) ; Miguel Urbano Rodrigues, a. député portugais au Conseil de l’Europe, ancien éditeur principal de l’Estado de Sao Paulo ; Yves Vargas, philosophe (93) ; Karine Van Wynendaele, agrégée d’histoire, syndicaliste (62) ; Serge Zajac, professeur de philosophie (59)
C’est si on y reste qu’on « y restera » !
A nouveau les Bourses dévissent et le krach général menace. Dans le cadre de la crise générale du système capitaliste mondial, l’euro est le maillon faible de la « construction européenne » et celle-ci est le maillon faible de la domination impérialiste mondiale.
Il est donc mensonger, comme le prétendent MM. Wurtz , Pierre Laurent et Mélanchon ces petits commissionnaires de la social-démocratie arc-boutée dans la défense de l’euro, d’affirmer qu’il faut sauver l’euro et réorienter démocratiquement sa gestion : comme si on pouvait « démocratiser » cette arme de destruction massive des acquis sociaux et des services publics qu’est la monnaie unique européenne !
La réalité c’est que de toutes manières, la monnaie unique telle que nous la connaissons va éclater. La seule question est de savoir quand et sur qui va retomber le tsunami monétaire qui s’en suivra. Et il est facile de répondre : sur les peuples. Car déjà le plan « euro plus » concocté par Bruxelles avec l’appui de la social-démocratie européenne alliée à la droite, signifie la mort et le déclassement massif d’économies entières, Grèce en tête. Ce n’est pas si nous sortons de l’euro que nous y resterons, c’est si nous y restons que nous en crèverons !
Bien entendu sortir de l’euro ne sera pas suffisant : il faut aussi changer de cap sur tous les autres domaines de la vie socio-économique, produire en France, reconstituer un large secteur public industriel et de service, démocratiser et planifier la gestion des grandes entreprises à renationaliser, remettre l’homme, les salaires, le pouvoir d’achat au centre de la vie sociale.
En un mot, engager la rupture totale avec l’Union européenne du capital et avec le système capitaliste :
Ne laissons pas aux mains de Sarkozy, le MEDEF, l'Europe qui détruisent la France, la République, les acquis sociaux, la Fonction publique, l’Education nationale, et jusqu’à la langue française sacrifiée au tout-anglais de la maternelle à l’université.
Comme nous l’ont appris Maurice Thorez et Jacques Duclos à l’époque du Front populaire, réapproprions-nous l’alliance victorieuse du drapeau tricolore et du drapeau rouge frappé des « outils » pour remettre la classe travailleuse à l’offensive face à l’énorme crise du capitalisme, de l’UE et de l’euro qui ne cesse de s’aggraver.
Vive la République sociale, souveraine et fraternelle qui permettra à notre peuple d’en finir avec le capitalisme destructeur pour marcher au socialisme dans les conditions de notre époque !
Lorsqu'une grande révolution sociale aura maîtrisé les résultats de l'époque bourgeoise, le marché mondial et les forces productives modernes, et les aura soumis à la domination commune des peuples les plus avancés, alors seulement le progrès humain cessera de ressembler à cette horrible idole païenne qui ne buvait le nectar que dans les crânes de ses victimes. »