

Appel
Pierre Pranchère, résistant, ancien député de la Corrèze, ancien député européen, président d’honneur de l’association « esprit de résistance » et Marc Lacroix, président de l’association, ont lancé, concernant cette tentative de réhabilitation morale de Louis Renault et de demande d’indemnisation de ses petits-enfants, un appel à la fidélité de l’œuvre de la Libération, qu’il est possible de signer en ligne en se rendant à :
http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N18701
Cet appel était introduit par la lettre suivante :
Madame, Monsieur,
Le 16 janvier 1945, le général de Gaulle, Président du Gouvernement provisoire de la République française signa une ordonnance de nationalisation des usines Renault pour cause de collaboration avec l’ennemi.
L’ordonnance n°45-68 parue au Journal Officiel du 17 janvier 1945 expose ainsi les fondements de la nationalisation (p. 222-224) :
« Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt. »
L’ordonnance fixe ensuite les objectifs de la nationalisation :
- dissolution de la Société Anonyme des Usines Renault (SAUR) ; confiscation de ses biens et de ceux de son président, Louis Renault, qui est décédé avant sa comparution en justice et dont la complicité avec l’occupant nazi est pleinement établie.
- institution de la Régie Nationale des Usines Renault, acte majeur de la poursuite et du développement des activités de cet ensemble industriel. L’article 7 des statuts précise que la Régie Nationale « a pour objet de continuer dans l’intérêt exclusif de la Nation l'exploitation de la société dissoute… »
L’ordonnance 45-68 prévoit de plus le règlement de la question des biens de L. Renault qui ne sont pas dévolus à la Régie Nationale (article 6). Un accord définitif est conclu entre l’État et les héritiers, le 15 mars 1947.
Aujourd’hui, les petits-enfants de Louis Renault renient cet accord. Ils ont porté plainte contre l’État en utilisant pour ce faire la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont ils demandent l’application rétroactive.
Ils sollicitent ainsi des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros, et qui seraient à la charge des contribuables. Ils montrent ainsi que leur principale motivation n’est pas la défense de la mémoire d’un grand père qu’ils n’ont pas connu, comme ils le prétendent sur les plateaux de télévision, mais un simple intérêt financier.
Cette demande d’indemnisation s’appuie sur une campagne de presse unilatérale, disposant du soutien de nombreux médias, y compris ceux du service public audio-visuel, de blanchiment de Louis Renault, champion de la collaboration industrielle française au service des armées nazies. Cette campagne porte atteinte à l’honneur de la Résistance et de la France qui signa à Berlin la capitulation sans condition du IIIe Reich.
La vérité ressort des archives de 1935 à 1944, aujourd’hui consultables. Elles mettent en lumière le rôle déshonorant de pourvoyeur des armées du IIIe Reich que Louis Renault assuma avec un zèle inégalable dès août 1940 et jusqu’en août 1944.
De même, Louis Renault fut le plus féroce organisateur de la répression anti-ouvrière. Dès l’avant-guerre il se distingua contre les « Renault », notamment à Billancourt après la grève de novembre 1938. Pendant l’occupation, il mit ses réseaux de mouchardage et de délation au service de la chasse policière aux résistants, aux militants politiques clandestins et aux syndicalistes. Traqués, dénoncés nommément par la direction de la SAUR à la police, arrêtés, torturés, livrés à la Gestapo, certains comptèrent parmi les fusillés du Mont Valérien, les autres furent internés et déportés. Par son acharnement à fournir aux Nazis toujours plus d’armes en multipliant sa production, Louis Renault porte l’entière responsabilité dans les bombardements anglo-américains sur ses usines, bombardements qui firent à partir de mars 1942 de nombreuses victimes chez les travailleurs et leurs familles.
Ceux et celles qui veulent que la flamme de la Résistance française brille toujours ne peuvent oublier que le président de la SAUR apporta, sans contestation possible au vu des rapports de police de décembre 1941 à juillet 1942, une odieuse contribution à l’effroyable répression pétainiste et hitlérienne. Cette répression frappa les résistants, des gaullistes aux communistes, les syndicalistes, les juifs promis à l’extermination, les francs-maçons, les républicains et les patriotes, croyants et non-croyants.
Pour l’ensemble de ces raisons, que fait connaître l’association «ESPRIT DE RESISTANCE», l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945 ne doit pas être annulée. Nous vous appelons à signer l’appel ci-joint et à le faire connaître.
Recevez, Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleures pensées de fidélité aux idéaux de la Libération de la France

Pierre Pranchère
ancien résistant, député honoraire, Président d’Honneur

Marc Lacroix
Centralien, ancien cadre dirigeant , Président
source: http://www.espritderesistance.fr/index.php

Bernstein: le révisionnisme, l’idéologie de la social-démocratie Son influence au sein du PCF
Eduard Bernstein issu en 1850 d’une famille juive de la petite bourgeoisie (libérale politiquement et religieusement) après de courtes études jusque l’âge de 16 ans il travaille comme employé de banque jusqu’à son exil en suisse en 1878 et les 6 dernières années de sa carrière professionnelle se déroule à la banque Rothschild. Il devient un homme politique et théoricien socialiste allemand, Il meurt en 1932 (6 mois avant l’avènement de Hitler), militant de la social-démocratie d’Allemagne (SPD).
Eduard Bernstein fut membre du SPD issu de la 2° internationale dès 1872. En 1878, il s’exile en suisse à Zurich sous la pression des lois anti social-démocrate de Bismarck. Il publia jusqu’en 1890 le Sozialdemokrat, organe non officiel du parti SPD (pendant cette période Kautsky tentera de l’initier au marxisme). Chassé de Suisse il s’exile à Londres en 1888, où il rencontre Friedrich Engels il a alors 38 ans, Engels lui confie alors des travaux de mise en forme de certaines notes de K. Marx alors qu’il ne fut jamais marxiste et il deviendra a la mort de celui-ci son exécuteur testamentaire. De retour en Allemagne en 1901 car depuis les années 90 les interdictions qui frappaient les socialistes sont levées par Guillaume II. Il fut membre du parlement allemand de 1902 à 1928. Membre du Parti social-démocrate indépendant (USPD parti non marxiste) puis il retourna en 1919 au SPD.
A son crédit nous noterons son opposition à l’union sacrée en 1914 et également son désaccord dans l’assassinat de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht en 1919 tuerie organisée par les sociaux-traites sous la direction des dirigeants Noske, Scheidemann, et Hebert
La période historique : Dans les années fin du 19° Siècle et début du 20° la classe ouvrière Allemande semblait la plus avancée dans la lutte contre le capitalisme, la croissance du mouvement syndical et politique est alors la plus importante de tous les états pour aboutir en 1912 à avoir la plus grosse représentation parlementaire au Reichstag. En deux décennies nous observons que le nombre des syndiqués passe de 350000 en 1892 à 680000 en 1900 et 2 millions et demi en 1913. Parallèlement le SPD voit son influence croitre dans les mêmes proportions jusqu’à la guerre de 1914 qui déchire cette social-démocratie sur le sujet de « l’union sacrée » également sur les problèmes liés a la politique de Guillaume2 concernant la phase impérialiste de l’Allemagne (colonisations signalons à ce sujet que l’opposition du SPD leur fit perdre les élections Allemande en 1907 ramenant à 43 députés leur représentation alors qu’elle était précédemment de 80 ce qui prouve que la politique d’annexions colonialiste était partagée par les travailleurs).
Cependant la croissance du SPD s’accompagne par un affaiblissement idéologique de son appareil pourtant remarquablement organisé. Il semble que dans ce mouvement les travailleurs et surtout leurs cadres acceptent de plus en plus le régime capitaliste et désirent moins le renverser que l’amender.
A cet instant le capitalisme est lui également en mutation, il termine sa phase d’accumulation primitive et aborde sa phase de concentration avec en Allemagne le développement de cartels et de trusts, liés très tôt avec les banques
Le révisionisme du marxisme (curieusement nommé ainsi, alors que Bernstein n’a jamais été marxiste), n’est en fait qu’une attaque en règle, anti dialectique marxiste.
Bernstein a lancé vers la fin des années 1890 un vaste débat contre le marxisme (appelé le Bernsteindebatte). Ses articles furent ensuite recueillis dans un livre, et rapidement traduit en français « Les prémices du socialisme ». Il y prônait l’abandon de ce qu’il nomme : la théorie marxiste de la catastrophe au vu de l’évolution du capitalisme de son époque, qui, soit disant, ne mènerait pas à la déroute du système par la chute incessante du taux de profit, mais accroitrait la socialisation des richesses?
Encore qu’il soit nécessaire de préciser de quelle sorte de socialisation il s’agit et au bénéfice de qui ? Car dans un Etat capitaliste toute tentative se socialisation ne peut etre que précaire ou illusoire, cela se limite le plus fréquemment par des nationalisations partielles sans aucune socialisation dans les rapports de production !
En développant son révisionnisme Bernstein ouvre « la boite a pandore » qui va permettre le déferlement du mouvement réformiste dans le mouvement ouvrier, cela donnera naissance à des querelles fratricides et la naissance de nombreuses organisations antagonistes
Il affirme qu’il n’y avait donc pas lieu de compter sur une issue révolutionnaire. Il demandait en conséquence à ce que le mouvement socialiste s’engage sur une voie réformiste en comptant sur les progrès graduels que lui auraient apportés l’action parlementaire d’un côté, et l’action syndicale, de l’autre.
Pour étayer sa position il s’appuie sur la politique de Bismarck qui prétendait qu’il valait mieux accorder quelques miettes aux ouvriers plutôt que d’encourir les risques d’une révolution ! Par consequent il ne serai pas utile de lutter puisque les lois sociales sont attribuées par l’Etat
Il eut le soutien des syndicats allemands, de quelques théoriciens proches du marxisme tel (Georges Sorel) ainsi que des non marxistes tels (Tomáš Masaryk, Francesco Saverio Merlino, etc.) , La pratique de ces syndicats en Allemagne est toujours influencée, jusqu’à notre époque, par cette vision, chez nous les syndicats réformistes tels la CFDT et autres ont repris cette pratique
Il essuya l’opposition farouche de leaders ou théoriciens social-démocrate, en particulier de Karl Kautsky (qui par la suite rejoignit certaines thèses réformistes et s’opposa à Lénine concernant la révolution bolchevick d’octobre ou il préconisait une période d’Etat bourgeois avant une prise de pouvoir communiste) Egalement se sont opposés a Bernstein les révolutionnaires de l’époque tels Rosa Luxemburg, Antonio Labriola, Plekhanov, ainsi que Lénine.
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Quels sont les points principaux des positions révisionnistes de Bernstein ?
1/ Les thèses marxistes sont critiquées par cette partie de la social-démocratie qui se range sous la domination du capitalisme. Les critiques portent principalement sur :
A/ A propos des crises du capitalisme Bernstein confond la théorie de Marx concernant la concentration capitaliste et ce qui se pratique en Allemagne avec la politique des « cartels qui sont des associations de plusieurs entreprises parfois fabriquant des produits différents » ce qui lui permet de rester sur des positions hors des luttes de classes et la nécessité de prise de pouvoir de l’Etat par la classe ouvrière
IL n’est pas aisé de réduire a quelques lignes les explications concernant les crises économiques du capitalisme, cependant ces crises qui sont des moments de ruptures dans les formes des rapports sociaux d’exploitation du capitalisme, sont occasionnées essentiellement par :
- Soit des moments de surproduction déséquilibrant l’offre et la demande des produits. Ces déséquilibres pouvant être ressentis au niveau national ou international.
- Soit avec la baisse des taux de profit qui peuvent être occasionnés par une chute du profit dût aux couts des salaires par rapport aux prix de vente, soit aussi les couts des crédits pouvant atteindre les possibilités de financements des entreprises.
Ces crises sont répétitives elles sont la résultante des contradictions fondamentales du capitalisme et les méthodes pour en sortir sont de différentes natures suivant le type de crise, ce peut être par une transformation des règles dans les rapports sociaux de production ou par des moyens impérialistes de domination par accaparement de ressources énergétiques, minières ou autres, IL y a risque de déboucher dans ces périodes sur des guerres locales ou mondiales.
Bernstein et les réformistes pensent que les crises a contrario de Marx ne sont pas cycliques mais fortuites et que pour y apporter des solutions il suffit d’aménager, d’améliorer, d’humaniser le capitalisme ! C’est compter sans la voracité de celui-ci dont la règle est le profit maximum tout de suite sans attendre demain ! Les réformistes sont dans l’erreur lorsqu’ils pensent que la baisse du taux tendanciel du profit mènerait pacifiquement d’une façon mécanique au socialisme, c’est la thèse notamment de Kautsky ; Les économistes du PCF ont une démarche similaire lorsqu’ils proposent des aménagements tendant à un assagissement des excès du capital. C’est également les efforts économiques et politiques de l’idéologie capitaliste qui entrainent les masses populaires (surtout les classes moyennes) vers le capitalisme populaire avec toutes les formes de capitalisation (SICAV, Retraites par capitalisation etc.)
C’est la négation de la nécessaire transformation révolutionnaire de la société capitaliste, au profit d’une transformation graduelle de cette société.
Concernant la crise actuelle : Cette crise est de nature légèrement différente des précédentes elle est toujours due à la baisse tendancielle du taux de profit mais particulièrement dans le domaine financier apporté par la mutation de l’internationalisation du capital bancaire et du caractère des échanges par informatique qui ont aggravé les risques de bulles financières dont le contenu n’est pas avéré ou sur des bases de valeurs boursières surcotées. Cette crise s’accompagne d’un appauvrissement des ressources énergétiques (pétrole), elle donne lieu à toute l’agitation guerrière autour du moyen orient
B/ Bernstein critique l’influence de la dialectique de Hegel qui imprègne le marxisme et qui induirait des constructions spéculatives dans la politique marxiste, ainsi il en serait, d’après lui, de l’association des termes : socialisme et révolution alors qu’il affirme que ce sont deux concepts d’origines et de natures différentes. Cette affirmation mène tout droit au réformisme alors que le passage d’un Etat capitaliste à un Etat socialiste est en lui-même une situation révolutionnaire même si ce passage se fait pacifiquement (notons d’ailleurs que la violence arrive toujours du fait des partisans du capitalisme)
C/ Bernstein prône alors la stratégie réformiste fondée sur l’utilisation du suffrage universel pour un passage graduel au socialisme. IL préconise l’extension du secteur coopératif.
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Le révisionnisme de Bernstein, ses positions contre-révolutionnaires, sa stratégie réformiste, nous amènent à montrer qu’elles sont à l’ origine de toutes les déviations droitières jusque nos jours ; nous les retrouvons dans la ligne politique du PS bien entendu, mais également dans les dérives du PCF, dérives amorcées et mises en œuvre il y a plusieurs décennies, (pas seulement depuis le congrès de Martigues). Nous touchons là aux différentes politiques menées notamment depuis la fin de la 2eme guerre mondiale avec la mise à l’écart des anciens de la résistance qui désiraient poursuivre la socialisation de notre pays, de la mise en cause de la dictature du prolétariat, par l’équipe de Marchais etc. Pour aboutir au vague et triste programme du front de gauche qui proclame « l’humain d’abord » donc contre toute transformation révolutionnaire de la société capitaliste considérée comme la fin de l’histoire humaine !
Il y a pourtant la nécessité d’abattre le capitalisme et son droit inaliénable de propriété privée des moyens de productions et d’échanges qui l’accompagne.
Nous avons observé durant ces dernières décennies l’évolution de la classe ouvrière, son élévation de niveau de vie mais aussi sa baisse de pouvoir d’achat durant les années Sarkozy qui depuis 5 ans matraque toutes les conquêtes sociales. Parallement nous avons observé la formation d’une classe de l’aristocratie ouvrière comprenant l’embourgeoisement des cadres et des salariés des partis, syndicats, organisations ouvrières, etc. Nous avons vu la diversification des couches sociales avec la formation d’une classe constituée de couches moyennes qui sont devenues plus nombreuses avec la mutation économique et technologique et nous savons que ces couches sont moins sensibles à l’avènement d’une société socialiste.
Ce sont ces constats qui amènent le PCF et les autre partis de gauche à pratiquer des politiques plus ou moins réformistes ou sociale-libérales,
Mais alors n’y a-t-il plus d’espoir pour une humanité débarrassée du monstre capitalisme ? Ces formations politiques ont-elles le droit de dériver sans cesse vers leur fraction droitière ? NON car il s’agît alors d’une véritable trahison de la classe ouvrière qui reste tout de même la partie la plus importante du salariat (environ 6 millions sur une trentaine de millions de salariés) ou l’on retrouve la plus grande partie des sans-emploi et de la misère qui accompagne !
Oui, les expériences de socialisme du 20° siècle n’ont pas été parfaites, loin s’en faut ! Mais l’idéologie de la bourgeoisie se sert des défauts pour organiser un repoussoir avec l’aide de philosophes tels BHL et autres suppôts du capital et nos dirigeants se complaisent à accepter le rôle de cette idéologie dominante ! Pour aboutir aujourd’hui à servir de marche pieds, de tremplin à des individus qui ont pour objectifs de faire disparaitre un parti communiste (qui devrai être marxiste et être le cœur de la défense des ouvriers, des petits salariés, le cœur des possibilités de transformations radicales de la société). La confusion est grande et elle est entretenue en ce qui concerne le front de gauche et la candidature de Mélenchon avec un programme vide de solution acceptable par les travailleurs, ne répondant pas par exemple au grave problème posé par l’Europe du capital et de sa monnaie unique, ne prenant pas de positions offensives contre les guerres coloniales récentes et les risque de guerre mondiale nucléaire.
Gageons que le résultat des présidentielles montrera encore que nos travailleurs préfèreront rester chez eux ou partir à la pèche plutôt que de cautionner une telle politique mortifère, certains autres cautionneront malheureusement le FN.
Cette manœuvre est destinée à transformer d’une part ce qui reste du PCF en aile du parti social-démocrate parti de gauche, d’autre part elle est destinée, sous couvert d’union, à accréditer toujours plus le réformisme si bien initié par Bernstein.
M. Mélinand Unitecommuniste.org (janv. 2012)
Annie LACROIX-RIZ,
Professeur émérite d’histoire contemporaine
Université Paris 7-Denis Diderot
Arlette CHABOT, Nicolas POINCARÉ, Franck FERRAND
Europe 1
Madame, Messieurs,
Le 14 décembre, pendant plus de huit minutes, Nicolas Poincaré a interviewé sur Europe 1 Hélène Dingli-Renault sans l’exposer à la contradiction (http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-d-Europe-1-Soir/Sons/Mon-grand-pere-n-a-pas-collabore-863683/). Les thèses avancées à cette occasion reproduisent celles du mari de l’intéressée, Laurent Dingli, également sur vos ondes et sans contradiction, le 3 août 2011 au cours de l’émission de M. Franck Ferrand, Au cœur de l’histoire, entièrement cautionnées par ce dernier. Constituant des contrevérités, elles sont démenties par les douze textes que vous trouverez ci-joints, envoyés à plusieurs de vos confrères le 12 décembre 2011. J’ajouterai de nouveaux éléments de démonstration dans plusieurs courriers suivants, destinés auxmedia en général.
Ces documents (copies ou transcriptions), de même que ceux à venir, infirment la thèse soutenue par Hélène Dingli-Renault le 14 décembre que Louis Renault « n’a pas collaboré avec les Allemands […] avec zèle et sans contrainte », a pratiqué une « production au ralenti » et « a moins produit que Citroën et Peugeot ». Les documents 5, 6 et 10 sont à cet égard explicites.
Selon le document 5, évoquant « le risque » de bombardements, le 13 janvier 1942 ‑ soit près de deux mois avant celui du 3 mars ‑, Renault bénéficiait de privilèges exceptionnels, des surprofits consentis à « une entreprise particulièrement importante à activités multiples », avec le ferme soutien du comité d'organisation de l’industrie automobile (COA) dirigé par son « directeur responsable » François Lehideux, neveu de Louis Renault, alors en outre ministre de la production industrielle : 12%, soit deux fois plus que les plus petites entreprises, et encore 20% de plus que ses rivales puissantes, les « grandes entreprises », gratifiées de 10%.
Document 6 : contribution allemande directe à l’augmentation des capacités de la société anonyme des usines Renault (SAUR).
Document 10 : tableau comparatif par constructeur, attestant les effectifs salariés exceptionnels assurés aux usines Renault. Des textes suivront sur le rôle exceptionnel de la SAUR dans les livraisons à l’Allemagne.
Certains documents présentés ici contredisent simultanément l’affirmation d’Hélène Dingli-Renault que « les usines Renault n’ont jamais fourni de chars pour l’armée allemande, de même que les autres entreprises d’automobiles n’ont fourni de chars pour l’armée allemande ». La deuxième partie de la phrase de votre interlocutrice est obscure : j’ignore si elle a voulu opposer ou unifier tous les constructeurs, mais le document 4 confirme, comme je l’ai écrit dans mon ouvrage Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999, 661 p., à la fois que Renault était constructeur de chars et qu’il n’était pas le seul.
Quoi qu'il en soit, la dénégation est reprise depuis janvier 2011 dans une foule demedia par les héritiers de Louis Renault et leurs représentants, sans réplique faute de contradicteur informé : « jamais Louis Renault n’a accepté de fabriquer ni de réparer des chars pour les Allemands », avait déjà affirmé Laurent Dingli, cité parThomas Wieder et Pascale Robert-Diard, dans Le Monde Magazine du 8 janvier 2011 (« Renault. La justice révise les années noires »). Elle est aussi erronée que les précédentes, bien que la Cour d'Appel de Limoges, s’érigeant en tribunal historique, l’ait cautionnée : son arrêt du 30 juillet 2010 tronque de nombreuses sources sur la fabrication de chars « pour le 15 juin » 1941 par les usines Renault citées p. 143-146 de l’ouvrage d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation en les réduisant à « la reproduction d’une simple note attribuée à une source (R.M. 2 polonais) non identifiée, qui n’a été corroborée par aucun élément objectif. » Or, il s'agit d’un document de renseignement adressé au BCRA (Bureau central de renseignements et d'action) du général de Gaulle, classé comme RM 2 polonais, n° 1847, dossier n° 32, Seine, 30 avril 1941, source : Londres 1939-1945, 300, archives du ministère des Affaires étrangères. Les nombreux envois de ce type à Londres, « non identifié[s] » en clair, puisqu’il s'agit, par définition, de renseignements secrets, concordent tous (op. cit., loc. cit.). Ils ont constitué une source essentielle du choix par les Alliés anglo-américains des cibles de leurs bombardements, tel celui du 3 mars 1942 sur les usines Renault de Boulogne-Billancourt.
L’affirmation que la production était « contrainte » parce que Renault avait des « commissaires allemands » sera contestée dans un prochain courrier, pièces à l'appui.
Quoi qu'il en soit, les textes 2, 4, et 8 sont formels :
1° sur la réparation des chars français acceptée par écrit par Louis Renault le 1er août 1940, après « trois semaines » de négociations avec les Allemands, acceptation muée le 4 août en réquisition d’ateliers à « direction allemande » à la demande de Lehideux, au nom de Louis Renault : le texte 2 du 4 août 1940, présent dans plusieurs cotes du fonds Lehideux-COA de la Haute-Cour, constitua un élément d’accusation majeur de collaboration contre Lehideux, porte-parole officiel de Louis Renault.
2° sur la fabrication de chars et pièces de chars par les usines Renault. Sous l'Occupation, l’industrie automobile française ne fabriqua pas seulement des éléments finis ou complets (voitures, camions, chars, tracteurs militaires, etc.), mais des pièces de ces mêmes ensembles, d’un tonnage équivalent ou supérieur (par exemple en 1943). Une partie des éléments fabriqués étaient montés soit en France dans d’autres entreprises, soit en Allemagne : les constructeurs automobiles allemands, y compris les plus grandes marques, ne fabriquaient pas alors des véhicules complets, comme leurs homologues français, contrôlant la chaîne de fabrication entière, mais assuraient leur montage final. Les fonds Lehideux-COA sont extrêmement riches en la matière.
Hélène Dingli-Renault et Laurent Dingli ont la chance de n’avoir pas à commenter les bombardements alliés qui visèrent particulièrement les usines Renault, depuis celui du 3 mars 1942, « le plus dur pour » Louis Renault – formule de M. Dingli, le 3 août 2011, où Franck Ferrand n’a pas fait souffrir son interlocuteur à ce sujet; Nicolas Poincaré n’a pas même posé la question à Hélène Dingli-Renault le 14 décembre 2011. Il convient pourtant d’expliquer au peuple français – que cette héritière de Louis Renault et son conjoint s’efforcent de mettre en condition pour le neutraliser ou obtenir son agrément à l’indemnisation que sept héritiers ont requise de l’État par leur assignation du 9 mai 2011 ‑ pourquoi les usines Renault ont été particulièrement pilonnées par l’aviation anglo-américaine : par erreur, ou dans le but de commettre de purs « crimes de guerre » ou « contre l’humanité »? Le document 9 ci-joint (réunion franco-allemande du 26 août 1943), dans lequel « M. Louis [Jean Louis, directeur des fabrications aux usines Renault] revient sur le désir exprimé par M. Louis Renault de voir le montage exécuté en dehors des usines, afin d’éviter les risques de bombardements », atteste la pleine conscience de l’industriel des motifs de l’exposition particulière de ses établissements aux bombardements alliés, au moment même où il acceptait d’augmenter la cadence de production « journalière » des camions (les 3,5 t du « front de l'Est ») « de 33 camions à 50 camions » ‑ soit de 52%, en « un mois environ ».
Selon ce même document, « le Dr Wiskott demande à M. Louis si M. Schaaf ne pourrait pas rencontrer M. Louis Renault lors de son prochain passage à Paris. Ces messieurs s’entendent pour qu’en principe une entrevue entre eux ait lieu le lundi 30 août 1943, dans l’après-midi, le lieu et l’heure exacts devant être fixés ultérieurement. » Ce rendez-vous entre l’industriel et un dirigeant allemand de l’armement – pratique courante prouvée par d’autres documents de 1942 et 1943 qui seront envoyés plus tard ‑ infirme la thèse, soutenue en chœur par MM. Dingli et Ferrand le 3 août 2011, d’un Louis Renault, déjà « aphasique » avant le 3 mars 1942, et dont le bombardement de ce jour aurait terriblement aggravé l’aphasie.
J’aborderai dans un autre courrier la question de l’indemnisation par l’État, c'est à dire par le contribuable français, de 1942 à 1944, des pertes occasionnées par ces bombardements.
Hélène Dingli-Renault et Laurent Dingli se taisent ‑ les media, votre station comprise, s’abstenant de les interroger ‑ sur les « usines souterraines » qui fonctionnèrent jusqu'en juillet 1944. Or, Louis Renault en personne, fortement demandeur auprès des Allemands, fut au minimum un de leurs initiateurs français, sinon leur initiateur. Ce même document 9 (réunion franco-allemande du 26 août 1943) le laisse entendre, se référant à la réunion franco-allemande précédente, du 24 août 1943, qui prouve l’initiative personnelle de Louis Renault en la matière : le compte rendu en sera envoyé par un prochain courrier, relatif aux « usines souterraines ». M. Dingli, disert contre mon article « Louis Renault et “la fabrication de chars pour la Wehrmacht” » (http://blogs.mediapart.fr/edition/usages-et-mesusages-de-lhistoire/article/160211/louis-renault-et-la-fabrication-de-char) au point de lui avoir consacré une rubrique de son site (« Réponse à l'historienne Annie Lacroix-Riz […] » : http://www.louisrenault.com/index.php/reponse-a-annie-lacroix-riz), n’aborde pas ce point, pourtant fort éclairant.
Sur ces « usines souterraines » ayant permis de servir la guerre allemande jusqu'en juillet-août 1944, époque où l’industrie allemande était éprouvée par les bombardements alliés, l’interrogatoire du chef SS Helmuth Knochen par le commissaire principal des Renseignements généraux, Marc Bergé, le 4 janvier 1947 (3 W, 358, interrogatoires d’Allemands, AN), recoupe strictement les fonds de 1944, dont de nombreux extraits sont cités dans Industriels et banquiers, p. 196-198.
Les archives démentent aussi formellement les affirmations relatives aux conditions :
1° d’arrestation de Louis Renault. Le sujet sera traité, pièces à l'appui, par le prochain courrier ;
2° d’incarcération de Louis Renault. Je cite Hélène Dingli-Renault sur vos ondes : « […] il a été incarcéré à la prison de Fresnes où il a été maltraité, il a été victime de maltraitance, il est resté sans soins, c’est un homme très malade, il est donc décédé des suites de maltraitance et du manque de soins ».
D'une part, le document 11 ci-joint atteste que Louis Renault passa l’essentiel de son séjour présumé « à la prison de Fresnes » dans une « maison spéciale de santé de Neuilly-sur-Marne » du 5 au 16 octobre inclus; puis « dans un [autre] centre approprié à son état », où il mourut le 24 octobre suivant : le seul bulletin de santé du médecin de Neuilly-sur-Marne infirme la thèse à nouveau énoncée le 14 décembre 2011, après que, le 3 août, sur Europe 1, Franck Ferrand et Laurent Dingli eurent en outre imputé ces « mauvais traitements » à des ennemis de l’industriel, communistes ou assimilés ivres de vengeance. Les médecins, qui examinèrent et soignèrent Louis Renault, au minimum du 5 au 24 octobre 1944, sont ainsi accusés par une héritière et son mari – accusation relayée systématiquement sur les ondes d’Europe 1 ‑ d’avoir cautionné son éventuelle « maltraitance » et de l’avoir laissé mourir par « manque de soins ». La seule source fournie érige le propos en diffamation.
D'autre part, le 12e document ci-joint montre que Me Isorni, avocat de la veuve de Renault – un des avocats de Pétain dont la pugnacité avait été démontrée au procès de juillet 1945 ‑, ne décela sur le cadavre, comme les autres témoins, « aucune trace de violences » à « l’ouverture du cercueil » (en vue de nouvelle autopsie) en février 1945, Le fonds BA 2135 des APP, source de ce document 12, établit que l’enquête de février 1956, rouverte à la suite de la plainte de Mme Veuve Renault, renouvela, après nouvelle autopsie, le constat de février 1945. Je puis mettre les pièces correspondantes à votre disposition.
Sur l’avant-guerre et le prétendu rejet du fascisme par Louis Renault, question dont je traiterai également dans un prochain envoi, Hélène Dingli-Renault a réitéré les contrevérités couramment exposées, notamment le 3 août 2011, par Laurent Dingli en déclarant à M. Poincaré : « la production avant guerre pour la mobilisation industrielle a été très importante au point, que, l’on ne le dit pas, peut-être pour des raisons idéologiques, mais les usines Renault ont été décorées de l’ordre de l’armement pour une production massive pour l’armée française. Donc, on se rend compte que, là produire insuffisamment pour la défense nationale, cela ne repose sur rien et en plus on peut constater que les usines Renault ont été, une nouvelle fois, je le répète, décorées de l’ordre de l’armement. »
Le texte 1 ci-joint ‑ note des Renseignements généraux de la Préfecture de police du 25 novembre 1939 (BA 2136, Renault, APP) rédigée, selon l’habitude, à partir de données transmises par le commissariat de police de Boulogne-Billancourt ‑, décrit l’attitude de Louis Renault envers la défense nationale, près de trois mois après la déclaration de guerre. Ce sabotage public, en pleine guerre théorique contre l’Allemagne, infirme la thèse d’« une production très importante » avant l’Occupation. Constant, de la part de Renault, avant et pendant la « Drôle de guerre », ce sabotage de l’armement, qu’Emmanuel Chadeau, autre biographe de Renault, imputait à la conversion pacifiste de l’industriel, devenu « briandiste » après son allant guerrier de Grande Guerre (Louis Renault, biographie, Paris, Plon, 1998, passim), était fin 1939 si notoire qu’il contraignit le reste du conseil d'administration de la Société anonyme des usines Renault (SAUR) à inventer la double thèse, décrite dans ce document 1 :
1° d’un allant patriotique du lieutenant de Louis Renault, son neveu François Lehideux, pourtant en parfait accord avec son oncle, comme l’atteste l’énorme documentation française environnante de toutes origines; à commencer par son mandat formel pour négocier avec les Allemands le 4 août 1940, énoncé au présent document 2,
et,
2° de la folie de Louis Renault, seule susceptible, en pleine guerre officielle, de le soustraire à l’accusation de « trahison » ou « intelligence avec l'ennemi » ou « complot » ou « crime contre la sûreté » ou « la sécurité de l’État » ‑ avec ou sans précision « sûreté intérieure » ou « extérieure ». C’est ce dernier « crime contre la sûreté extérieure de l’État », défini par les articles 75 et suivants du Code pénal, puni de la peine de mort, qui figure dans le mandat d'arrêt de Louis Renault du 16 septembre 1944. On trouvera copie de celui-ci dans le prochain envoi.
D’autres documents, à venir, confirmeront le veto de Louis Renault contre la production pour la défense nationale, avant-guerre et pendant la « Drôle de guerre ».
Sur l’avant-guerre et la guerre, une question n'est jamais posée aux héritiers de Louis Renault – Europe 1 n’ayant pas failli à cette récente tradition fixée dès l’ouverture de leur campagne médiatique par l’article de Thomas Wieder et Pascale Robert-Diard dans Le Monde Magazine du 8 janvier 2011, intitulé « Renault. La justice révise les années noires » : celle de la violence répressive légendaire de l’industriel, relayée dans les usines Renault par ses délégués directs. Sa collaboration avec la police française, assumée en particulier par Lehideux, sera documentée par des sources d’avant-guerre et de la Drôle de guerre. Sera démontrée par la même voie archivistique la collaboration, sous l'Occupation, des usines Renault avec le tandem police française-police allemande. Cette activité participe non seulement de la collaboration économique (volonté d’accroître à tout prix le rendement, complaisance pour la « relève », etc.), mais de la collaboration politique stricto sensu. Ces dossiers montrent que les héritiers de Louis Renault ont été, avant-guerre, pendant la guerre et sous l’Occupation allemande, précédés dans la « souffrance » par les salariés de la SAUR : la question des terribles souffrances morales qui les accablent depuis leur naissance est régulièrement posée depuis janvier 2011 dans les media à Hélène Dingli-Renault et aux autres héritiers en mal de « réhabilitation » de leur grand-père; celle des souffrances matérielles et morales infligées aux salariés ne l’a jusqu'ici pas été.
Je vous remercie de noter que M. Patrick Fridenson, systématiquement consulté ces temps-ci par les media et à nouveau cité le 14 décembre 2014 par Nicolas Poincaré, a consacré à Louis Renault et à la SAUR d’importants travaux s’arrêtant à septembre 1939, c'est à dire à la déclaration de guerre officielle, en particulier sonHistoire des Usines Renault 1. Naissance de la grande entreprise, 1898-1939, Paris, Seuil, 1972. Spécialiste reconnu du Renault d’avant-guerre, M. Fridenson ne l'est pas du Renault de la Deuxième Guerre mondiale et de l’Occupation, comme l’atteste la liste de ses travaux (http://crh.ehess.fr/index.php?/membres/membres-statutaires/fridenson-patrick/1850-bibliographie-1968-2002&file=1;http://crh.ehess.fr/index.php?/membres/341 Bibliographie 2003-2011).
La thèse, qu’il répète dans divers media depuis son interview du 23 novembre 2011 sur France Info, qu’« on ne sait pas » ce que Louis Renault a fait sous l'Occupation, notamment parce que « les archives allemandes ne sont pas ouvertes », ne reflète que sa propre ignorance ou sa négligence d’un dossier solidement étayé, au contraire, par les sources françaises et par des fonds allemands présents en France même.
Ainsi y dispose-t-on de la série AJ 40 des Archives nationale, dite « archives du Majestic », qui a constitué l’une des bases d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation. M. Fridenson, à défaut de d’avoir lu ce livre, en connaît l’existence, de même que celle de tous mes travaux sur l’économie de l’Occupation parus depuis1986 (« Les grandes banques françaises de la collaboration à l'épuration, 1940-1950 », revue d’histoire de la deuxième guerre mondiale, 1986: « I. La collaboration bancaire », n° 141, p. 3-44; « II. La non-épuration bancaire 1944-1950 », n° 142, p. 81-101) : son intervention depuis 1994, soit contre leur publication, soit pour les (faire) critiquer à l'occasion de leur parution, l’atteste.
Certains des textes qui vous sont ici présentés sont extraits des fonds de la Haute Cour de Justice (instruction des procès des ministres et secrétaires généraux de Vichy) relatifs à Lehideux et au COA, dont le neveu de Louis Renault fut le « directeur responsable » du 30 septembre-1er octobre 1940 à son arrestation, le 25 août 1944, 3 W 217-234, série que j’ai intégralement dépouillée. Parmi eux figurent les documents 2, 5, 6, 8, comptes rendus de services allemands, traduits en français, explicites sur la réparation puis sur la fabrication des chars Renault au service de la Wehrmacht (voir également mon article déjà cité « Louis Renault et “la fabrication de chars pour la Wehrmacht”).
Vous recevrez d’autres documents, classés par thème de justification des héritiers Renault. Je vous remercie, cependant, Madame, Messieurs, de noter d'ores et déjà que je conteste l’exclusivité que votre station accorde aux falsifications historiques répandues par ceux-ci, démontrées par les sources d’archives originales qui forment l’étai de mes propres travaux. M. Ferrand a, le 3 août 2011, laissé M. Dingli me mettre nommément en cause sur Europe 1, avant de le féliciter pour son rôle dans la croisade contre les historiens acharnés à « salir la mémoire de Louis Renault ». Les erreurs et contrevérités multipliées au cours de cette émission, l’agression de M. Dingli et les félicitations de M. Ferrand ont motivé mon courrier, fort courtois (copie ci-jointe), adressé à ce dernier le 4 août, auquel je n’ai, à cette date, pas reçu réponse.
Je vous demande à nouveau, Madame, Messieurs, d’être invitée à informer vos auditeurs des faits historiques qui leur ont été ainsi celés, et ce, dans un premier temps, dans les mêmes conditions que vos interlocuteurs uniques les 3 août et 14 décembre 2011. Pour le reste, je suis naturellement ouverte au débat ou à la discussion, à l'encontre de ce qu’a affirmé M. Dingli le 3 août 2011. Dans la phase finale de l’interview du 14 décembre, M. Poincaré a évoqué l’énorme indemnisation qui résulterait d’un succès juridique des héritiers Renault, pesant sur le contribuable et jugée légitime par l’héritière Renault. Ce sujet intéresse les Français plus que mes opinions politiques, stigmatisées par M. Dingli sur vos ondes, et ailleurs : pareille méthode relève de la délation, pas du débat historique, qu’elle aide d'ailleurs à proscrire. Je conteste pour ma part les déclarations de M. Dingli démenties par les sources originales, non ses options politiques, qui m’indiffèrent.
Je m’étonne que les media qui, légitimement, ne signalent pas les orientations politiques de mes collègues, échelonnées de l’extrême droite à la gauche non-communiste, dénoncent les miennes. Je m’étonne plus encore qu’ils n’aient pas, votre station comprise, mentionné le grave conflit d’intérêts qui entache les interventions réitérées de Laurent Dingli : cet historien, spécialiste d’histoire moderne passé à l’histoire contemporaine en raison de ses liens avec une héritière qui assigne l’État en indemnisation, verrait son sort financier considérablement amélioré par le succès de l’entreprise. Je suis moi-même, dans cette affaire, indépendante, désintéressée et exempte de tout conflit d’intérêts.
Bien cordialement,
Annie LACROIX-RIZ
La stratégie de la défaite
La défaite de la France, affirma Marc Bloch en avril 1944, a été longuement préparée par cinq groupes dirigeants : « militaires, politiciens comme Laval, journalistes comme Brinon, hommes d’affaires comme ceux du Creusot, hommes de main comme les agitateurs du 6 février [1934] ». Le grand historien était-il un adepte de la « théorie du complot » ? Ou est-ce bien un complot de ces cinq groupes, soigneusement préparé, qui a abattu la république en organisant la débâcle ? « Le jour viendra, et peut-être bientôt », avait aussi annoncé Marc Bloch, « où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés ». Pourquoi les citoyens français ne savent-ils dans leur ensemble toujours rien de ces vieilles « intrigues » ? Les archives, désormais largement ouvertes, permettent de faire le point, tant sur la « stratégie de la Défaite » des classes dirigeantes dans la crise systémique du capitalisme des années 1930, que sur le silence qui l’a ensevelie après la Libération.
Annie Lacroix - Riz , notre Camarade historienne nous présente le film de la conférence de Sommières sur la stratégie de Défaite nationale des élites de la France dans la crise des années 1930, stratégie si semblable à celle pratiquée par leurs descendants dans la crise présente.... l'histoire est un éternel recommencement , si une avant garde Communiste ne bloque pas le train de la déroute sur une voie de garage .
Grande Révolution socialiste d'Octobre
« Le prolétariat, écrivait Lénine, n’a pas d’autre arme dans sa lutte pour le pouvoir que l’organisation. Divisé par la concurrence anarchique qui règne dans le monde bourgeois, accablé sous un labeur servile pour le capital, rejeté constamment « dans les bas-fonds » de la misère noire, d’une sauvage inculture et de la dégénérescence, le prolétariat peut devenir — et deviendra inévitablement — une force invincible pour cette seule raison que son union idéologique basée sur les principes du marxisme est cimentée par l’unité matérielle de l’organisation qui groupe les millions de travailleurs en une armée de la classe ouvrière. A cette armée ne pourront résister ni le pouvoir décrépit de l’autocratie russe, ni le pouvoir en décrépitude du capital international. » (Lénine, Œuvres choisies, t. I, p. 414.)

Depuis des décennies, la presse bourgeoise — 'démocratique' comme fasciste —, se plait à agiter le spectre des dizaines de millions de morts qu'aurait provoqué le communisme, en premier lieu en URSS sous la direction de Staline, afin d'en dégoûter les travailleurs et ainsi de détourner les esclaves salariés de leur unique perspective d'avenir.
Karl Marx remarquait que la classe possédant les moyens de production (la bourgeoisie sous le capitalisme) possédait également le pouvoir sur les moyens d'information, et imposait ainsi sa vision aux opprimés. Tout travailleurs doit donc considérer avec une méfiance extrême toute information véhiculée par les médias bourgeois, même quand elle est promue au rang de 'vérité historique'. En gardant ceci en vue, abordons maintenant l'action de Staline, sous la direction duquel l'URSS passa d'une économie arriérée tout juste sortie du féodalisme à une économie socialiste moderne et dynamique, prouvant au monde entier que le prolétariat n'était pas seulement capable de détruire le monde bourgeois, mais d'édifier un monde nouveau, débarrassé de l'exploitation, du chômage, du racisme et des guerres de rapine. Il était donc naturel que Staline concentre sur lui la haine de classe de tous les ennemis du communisme, qu'ils soient 'démocrates' petit-bourgeois ou fascistes, anti-communistes camouflés (tel trotsky) ou déclarés. Faisant de la lutte contre les tendances opportunistes et capitulardes dans le mouvement communiste la condition de la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme, à l'instar de Marx et Engels contre les anarchistes, ou de Lénine contre les kautskistes et les menchéviks, Staline a été et reste la cible principale de la campagne de haine de la bourgeoisie.

Aujourd'hui , a lieu l'anniversaire du plus grand souffle d'espoir du peuple Russe qui brisa les chaines du capitalisme et de l'impérialisme , lors de la révolution socialiste dite d'Octobre .
C'était à la veille de la Révolution d'Octobre, alors que des millions d'ouvriers, de paysans et de soldats, talonnés par la crise à l'arrière et au front, réclamaient la paix et la liberté ; que les généraux et la bourgeoisie préparaient la dictature militaire, en vue de mener la « guerre jusqu'au bout » ; que la prétendue « opinion publique », tous les prétendus « partis socialistes » étaient hostiles aux bolcheviks et les traitaient d'« espions allemands » ; que Kérenski tentait de rejeter le Parti bolchevik dans l'illégalité et y avait partiellement réussi ; que les armées encore puissantes et disciplinées de la coalition austro-allemande se dressaient face à nos armées fatiguées et en décomposition, et que les « socialistes » de l'Europe occidentale faisaient tranquillement bloc avec leurs gouvernements, en vue de mener « la guerre jusqu'à la victoire complète »...
Que signifiait déclencher une insurrection en un pareil moment ? Déclencher une insurrection dans de telles conditions c'était jouer son va-tout. Cependant Lénine ne craignait pas de courir ce risque ; il savait, il voyait d'un oeil lucide que l'insurrection était inévitable ; que l'insurrection triompherait ; que l'insurrection en Russie préparerait la fin de la guerre impérialiste ; que l'insurrection en Russie mettrait en branle les masses épuisées des pays d'Occident ; que l'insurrection en Russie transformerait la guerre impérialiste en guerre civile ; que de cette insurrection naîtrait la République des Soviets ; que la République des Soviets servirait de rempart au mouvement révolutionnaire dans le monde entier. On sait que cette prévision révolutionnaire de Lénine s'est accomplie avec une précision sans exemple.
C'était aux premiers jours qui suivirent la Révolution d'Octobre, quand le Conseil des commissaires du peuple voulut contraindre le général rebelle Doukhonine, commandant en chef des armées russes, à faire cesser les opérations militaires et entamer des pourparlers d'armistice avec les Allemands. Lénine, Krylenko (le futur commandant en chef) , se rendîrent au Quartier général de Pétrograd pour nous entretenir par fil direct avec Doukhonine. Moment terrible. Doukhonine et le G.Q.G. refusèrent net d'exécuter l'ordre du Conseil des commissaires du peuple. Le personnel de commandement de l'armée se trouvait entièrement aux mains du G.Q.G. Quant aux soldats, on ignorait ce que dirait cette armée de douze millions d'hommes, soumise à ce qu'on appelait les organisations d'armée, hostiles au pouvoir des Soviets.
On sait qu'une rébellion des élèves-officiers couvait à Pétrograd. En outre, Kérenski marchait sur la capitale. Après un court silence devant l'appareil, le visage de Lénine s'éclaira d'une flamme intérieure.
Visiblement Lénine avait pris une décision. « Allons à la T.S.F., dit-il, elle nous rendra service : nous destituerons par un ordre spécial le général Doukhonine, à sa place Krylenko sera nommé commandant en chef, et adressera aux soldats, par-dessus la tête de leurs chefs, cet appel : isoler les généraux, cesser les opérations militaires, nouer contact avec les soldats austro-allemands et prendre en main propre la cause de la paix. » C'était faire un « saut dans l'inconnu ».
Mais Lénine ne craignit pas de l'effectuer. Au contraire, il alla au devant de lui, sachant que l'armée voulait la paix et qu'elle la conquerrait en balayant sur sa route tous les obstacles ; il savait que ce moyen d'affirmer la paix ne manquerait pas d'influer sur les soldats austro-allemands et donnerait libre cours à la volonté de paix sur tous les fronts sans exception. On sait que cette prévision révolutionnaire de Lénine devait également s'accomplir en tous points.
Une clairvoyance géniale, la faculté de saisir et de deviner rapidement le sens intime des événements en marche : tel est le trait de Lénine qui lui a permis d'élaborer une stratégie juste et une claire ligne de conduite, aux tournants du mouvement révolutionnaire.
Lénine était né pour la révolution. Il fut véritablement le génie des explosions révolutionnaires et le plus grand maître dans l'art de diriger la révolution. Jamais il ne se sentait si à son aise, si joyeux qu'aux époques de secousses révolutionnaires. Je ne veux pas dire par là que Lénine approuvât indifféremment toute secousse révolutionnaire, ni qu'il fût toujours et en toute circonstance partisan des explosions révolutionnaires. Pas du tout. Je veux dire simplement que la clairvoyance géniale de Lénine ne s'est jamais manifestée avec autant de plénitude et de netteté que pendant les explosions révolutionnaires. Aux tournants révolutionnaires, il s'épanouissait littéralement, il acquérait le don de " double vue ", il devinait le mouvement des classes et les zigzags probables de la révolution, comme s'il les lisait dans le creux de la main. Ce n'est pas sans raison que l'on disait dans le Parti : « Ilitch sait nager dans les vagues de la révolution comme un poisson dans l'eau. » D'où la clarté « surprenante » des mots d'ordre tactiques de Lénine et l'audace « vertigineuse » de ses plans révolutionnaires.
CONCLUSION :
En huit mois, de février à octobre 1917, le Parti bolchevik s'acquitte d'une tâche des plus difficiles : il conquiert la majorité dans la classe ouvrière, dans les Soviets ; il fait passer du côté de la révolution socialiste des millions de paysans. Il arrache ces masses à l'influence des partis petits-bourgeois (socialistes-révolutionnaires, menchéviks, anarchistes) ; il démasque pas à pas la politique de ces partis dirigée contre les intérêts des travailleurs. Le Parti bolchevik déploie une activité politique intense sur le front et à l'arrière, préparant les masses à la Révolution socialiste d'Octobre.
Facteurs décisifs dans l'histoire du Parti pendant cette période : retour de Lénine de l'émigration, thèses d'Avril de Lénine, conférence d'Avril et VIe congrès du Parti. La classe ouvrière puise dans les décisions du Parti la force et la certitude de la victoire ; elle y trouve une réponse aux plus graves problèmes de la révolution. La conférence d'Avril oriente le Parti vers la lutte pour le passage de la révolution démocratique bourgeoise à la révolution socialiste.
Le VI e congrès aiguille le Parti sur l'insurrection armée contre la bourgeoisie et son Gouvernement provisoire. Les partis conciliateurs, socialiste-révolutionnaire et menchevik, les anarchistes et les autres partis non communistes achèvent leur évolution : dès avant la Révolution d'Octobre, ils deviennent tous des partis bourgeois ; ils défendent l'intégrité du régime capitaliste.
Le Parti bolchevik dirige à lui seul la lutte des masses pour le renversement de la bourgeoisie et l'instauration du pouvoir des Soviets. En même temps, les bolcheviks brisent les tentatives des capitulards à l'intérieur du Parti, — Zinoviev, Kaménev, Rykov, Boukharine, Trotski, Piatakov, — pour faire dévier le Parti de la route de la révolution socialiste.
Sous la direction du Parti bolchevik, la classe ouvrière, alliée aux paysans pauvres et soutenue par les soldats et les matelots, renverse le pouvoir de la bourgeoisie, instaure le pouvoir des Soviets, institue un nouveau type d'Etat, l'Etat soviétique socialiste ; elle abolit la propriété seigneuriale sur la terre, remet la terre en jouissance à la paysannerie, nationalise toutes les terres du pays, exproprie les capitalistes, réussit à sortir de la guerre, à signer la paix, obtient la trêve nécessaire et crée ainsi les conditions requises pour une ample construction socialiste.
La Révolution socialiste d'Octobre a battu le capitalisme ; elle a enlevé à la bourgeoisie les moyens de production et fait des fabriques , des usines, de la terre, des chemins de fer, des banques une propriété du peuple entier, une propriété sociale. Elle a instauré la dictature du prolétariat et remis la direction d'un immense Etat à la classe ouvrière, dont elle a fait la classe dominante. La Révolution socialiste d'Octobre a inauguré ainsi une ère nouvelle dans l'histoire de l'humanité, l'ère des révolutions prolétariennes.

Cette photo est publiée par le quotidien "20 minutes" du 24 octobre 2011. Ce journal est diffusé gratuitement dans les grandes villes de France. On y voit les militants du Pôle de Renaissance Communiste en France portant fièrement le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau dans la clairière où furent fusillés les otages communistes en 1941.
Il est devenu evident que Staline fut un demon, maa(r)tre et inspirateur de l’Empire du Mal et de ces succursales, que dis-je l’alter-ego de Hitler, son frere jumeau et meme ces derniers temps liberaux on nous explique que Hitler n’est que la consequence de Staline.
Qu’il fut le dirigeant sanguinaire, irrationnel et psychopathe de l’Union Sovietique de 1924 a 1953. Pourtant face a ces fausses evidences nous devons tenter de rester ouverts, curieux et surtout de confronter ces articles de foi aux faits, qui ’sont tetus’ comme disait l’autre diable, Lenine. Voila un fils de cordonnier, qui, revolutionnaire professionnel, deporte une dizaine de fois en Siberie, dirigeant -parmi quelques autres- aux cotes de Lenine la Revolution d’Octobre 17, devient le chef de l’ Union Sovietique apres la mort du fondateur.
De quelle situation herite-t-il ? Il la resume lui-meme en 1930 ‘nous retardons de 50 a 100 ans sur les pays avances. Nous devons parcourir cette distance en 10 ans. Ou nous le ferons, ou nous serons broyes.’ C’est ainsi que se pose la question, etre ou ne pas etre. Il fait le choix de faire vivre son pays, son peuple, son ideal revolutionnaire. Pour cela, rien, aucun effort ne sera epargne, aucun sacrifice ne sera evite. Une societe toute entiere tendue a l’extreme sera soumise a l’imperatif : survivre quand le grand choc ineluctable viendra. Mais cette marche forcee acharnee, bien qu’elle demande des efforts et des privations inouis, apporte en meme temps une ameloration telle de la vie quotidienne, du plus modeste ouvrier de la plus eloignee des republiques sovietiques, que les masses adherent au projet prometheen de Staline et de ses Bolcheviks.
Un veritable enthousiasme de masse souleve les montagnes et finalement, nous le savons tous, c’est cette Russie qui va ecraser le nazisme et sauver la civilisation au prix d’une saignee dont l’ampleur nous est inconcevable : 28 millions de morts…..
Alors de distingues censeurs viennent nous dire : mais attendez! Vous sautez bien facilement sur l’odieux pacte de non-aggression germano-sovietique! Et il nous faudra modestement, car les temps sont durs, rappeler qu’avant le pacte il y eu les Accords de Munich et la volonte declaree des democraties occidentales d’envoyer le molosse Hitler en finir avec ce communisme que le ‘cordon sanitaire’ n’empechait pas de metastaser partout. Et de rappeler, avec toujours beaucoup de modestie, comment les democraties occidentales laisserent les fascismes egorger la republique espagnole qui avait le mauvais gout d’etre un peu trop rouge.
Et de rappeler, avec encore plus de modestie, que toutes les offres sovietiques de securite collective entre elle et la France et l’Angleterre furent ignorees et meprisees.Que le brillant etat-major francais dressait des plans de guerre contre l’URSS en pleine ‘drole de guerre’. Et que par consequent Staline, n’ayant aucun autre choix, fut contraint de signer le Pacte qui lui permettait de gagner un espace et un temps precieux. Et que dire de sa conduite de la guerre qui fut exemplaire et qui aboutit a voir le drapeau rouge flotter sur Berlin.
Mais rappeler cela n’est pas suffisant pour convaincre apres 60 ans d’Hollywood, de soldats Ryan et de grandes evasions, aussi faut-il rappeler que sur les 196 divisions que comptait la Wermacht,176 combattirent contre les sovietiques sur le front de l’Est et que ce sont bien la defense de Moscou, la victoire de Stalingrad et celle de Koursk qui furent les vrais et les indiscutes tournants de la 2° guerre mondiale. Et enfin n’oublions pas que la bataille de Berlin couta 300.000 morts a l’Armee Rouge ce qui est l’equivalent du total des morts americains durant toute le guerre et sur tous les fronts…
Ne sous-estimons pas le venin du revisionnisme historique : en 1945, 67% des Francais consideraient l’URSS comme le principal vainqueur de la guerre, ils ne sont plus que 20% en 2005… Enfin la paix revint et le nom de Staline etait prononce avec respect et reconnaissance dans le monde entier. Mais une nouvelle guerre commenca aussitot : la guerre froide. Avec le meme cynisme que quelques annees auparavant, la parenthese de l’alliance anti-fasciste fermee, le monde capitaliste reprit son combat contre ‘l’Ogre de Moscou’ et les memes calomnies utilisees par Goebbels reprirent du service, indefiniment repetees jusqu’a devenir des verites pour bien des gens de bonne foi.
Non que Staline fut un tendre qui tendait la joue gauche quand la droite etait frappee, non cet homme des tempetes avait de l’Ivan le terrible en lui, du Pierre le Grand mais un Ivan ou un Pierre rouge, bolchevick, au service exclusif de son pays et de son peuple et dont la finesse d’analyse, l’intelligence et la capacite de travail eblouissaient meme ses pires ennemis comme Churchill.
La reconstruction, la poursuite des projets retardes, rebatir un pays dont le potentiel industriel et agricole avait ete en grande partie aneanti par une guerre d’extermination -on l’oublie trop souvent-. Ces objectifs sont mis en cause par une nouvelle croisade anti-communiste dont le coeur, cette fois, est a Washington. Staline y repondra avec la meme determination et la meme inflexiblite qu’adversaires ou amis lui reconnaissent. De 1947 a 1953 il ripostera coup pour coup.
Mais nos censeurs reviennent a la charge: mais vous avez ‘oublie’ de nous parler du ‘Goulag’ et du ‘totalitarisme’, cher monsieur ! Oui, il vous faudra vous excuser et apres une autocritique sincere vous aurez le droit de murmurer que les chiffres fournis par l’ American History Review donne 2 millions de prisonniers au Goulag en 1939, ce qui est un pic, -et sans oublier que 70% d’entre eux etaient de droit commun-, ce qui represente moins de prisonniers, par rapport a la population, qu’aux Etats-Unis aujourd’hui ! Et que le nombre de morts pendant toute la periode ’stalinienne’ est de 1 million avec la plus grande part (500 000) pendant la guerre ou tout le monde crevait de faim. On est loin des 20 millions de morts annonces par Hitler en 1924 dans ‘Mein kampf’ et des 100 millions de morts du ‘Livre noir du communisme’, du plus grand historien de tous les temps, monsieur Courtois, le meme qui exige un ‘Nuremberg’ pour le communisme, sans doute pour pouvoir finir le travail qu’Hitler n’avait pas pu achever a cause de cet infernal Staline, justement! A sa mort le peuple sovietique communie dans une immense douleur : tous savent ce qu’ils doivent a Staline, aucun n’a oublie ’soeurs, freres, camarades…..’ ces mots qui allaient galvaniser et tremper le volonte de resistance du peuple. Ils savent s’ ils savent lire a qui ils le doivent, ils savent que si leurs enfants sont ouvriers, ingenieurs, medecins, professeurs a qui ils le doivent, eux qui ont tant souffert savent qu’il a souffert avec eux : il refusa d’echanger son fils, le colonel Jacob Staline, contre le marechal Von Paulus, ‘on n’echange qu’un colonel contre un colonel’ et son fils mourut.
Les sacrifices qu’il exigeait des autres il s’y soumettait aussi. Ca nous change…. L’ homme qui meurt ainsi, adoré comme un dieu, n’aime pas l’apparat, ni l’etiquette, ni meme l’adulation, ce ne sont que des outils du pouvoir. Il est austere et vit dans une simplicite spartiate mais son reve est ‘grandiose’, dira de Gaulle, historique. Il pris en main un pays dechire, affame, arriere, quasi moyenageux et il en fit la deuxieme puissance mondiale qui se lanca a l’assaut du cosmos, le pays ou on lisait le plus de livres dans le monde et ou, plutot que de faire un tierce, on jouait aux echecs. Dans des conditions- qu’il faut toujours avoir a l’esprit car ‘il faut juger alors avec les yeux d’alors’ aurait dit Aragon - d’une violence et d’une durete extremes, des circonstances historiques terribles et implacables, il fut l’homme, violent et dur, terrible et implacable, a qui nous devons notre liberte et notre vie et qui concretisa le reve de Spartacus : ‘je reviendrai et je serai des millions’.

Ceci est une retranscription de l’appel à la grève générale des cheminots datant de août 1944,du site CEC, les coquilles ont été conservées pour rester le plus fidèle possible au document. Le « Front National » signataire n’a bien entendu strictement rien à voir avec celui du clan bourgeois des Le Pen. Le F.N dont il est question dans ce document est l’organisation dirigée par les communistes qui agissait contre les occupants hitlériens lors de la seconde guerre mondiale.
GRÈVE GÉNÉRALE
CHEZ LES CHEMINOTS
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Le peuple de Paris et de sa Banlieue a appris avec enthousiasme que les vaillants cheminots de la Région parisienne avaient décrétés la gaève generale le jeudi 10 Août, à la suite du refus qui leur a été opposé partout d’accéder à leurs revendications:
Pour 500 grammes de pain par jour et l’amélioration du ravitaillement,
Pour obtenir trois mois de salaires d’avance.
ET POUR LA LIBÉRATION DE LEURS CAMARADES ARRETES à la suite des manifestations patriotiques du 14 Juillet, ou ils s’étaient mêlés fraternellement à la population de Choisy-Le-Roy ui allait manifesté sa volonté d’en finir axec les boches, au Monument Rouget de Lisle.
Merci aux Cheminots !
Les Parisiens et Parisiennes sont unanimes derriére les cheminots qui en engageant le combat montrent la voie à suivre aux métallurgistes, aux gars du bâtiment, aux employés, aux fonctionnaires, aux travailleurs des transports et services publics, qui doivent manifester leur solidarité axec leurs camarades en lutte en se réunissant sur leurs lieu de travail en dressant des cahiers de revendications, en désignant leurs délégués et en les accompagnant en foule aux directions, aux mairies et aux préfectures.
Déjà les métallurgistes chez New-Port, Voisin et des Compteurs de Montrouge sont entrés dans la lutte aux côtés de leurs camarades cheminots.
Hommes, femmes, jeunes, partout dans les entreprises dans tous les établissements, cessz le ravail! QUE LA GRÈVE GÉNÉRALE DEVIENNE EFFECTIVE
MORS AUX BOCHES ET AUX TRAITRES!
Lés allies doivent entrer dans un Paris Libéré
L’armée Rouge vole de victoires en victoires et s’apprête à libéré Varsovie.
Les alliés approchent de Paris. C’EST DANS UNE CAPITALE LIBÉRÉE QU’ILS DOIVENT ENTRER.
Les cheminots en décrétant la grève générale des chemins de fer, participent à cette libération. La population parisienne doit les aider.
Enrôlez-vous dans les Milices Patriotiques, aux cotés des F.F.I.
Participez au combat libérateur.
Plus une usine, plus un camion, plus un train ne doivent servir aux boches-
En avant vers la grève générale!
FRANÇAIS DEBOUT! ET AU COMBAT!
FRONT NATIONAL
Province de l’Île-de-France